La Semaine dans le Boulonnais : Un programme pour dire stop
Françoise Millot, 11eme sur la liste et Nicolas Fournier, 42eme.
La cible de Lutte Ouvrière : le patronat. Pas le petit garagiste ou l'artisan menuisier du coin, bien sûr. Le grand patronat.
Celui des grandes entreprises, des multi-nationales, qui siège dans les conseils d'administration et qui vote le montant des dividendes alloués aux actionnaires. Ce sont eux qui tirent les ficelles. Ce sont eux qui détiennent le pouvoir, et certainement pas les hommes politiques.
Ce sont les propos enflammés de Françoise Millot, candidate, en 11eme position, sur la liste Lutte Ouvrière emmenée par Éric Pecqueur. Un seul Boulonnais est présent sur la liste. Nicolas Fournier, instituteur au Portel, se trouve en 42eme position, sur 43.
Françoise Millot, pour sa part, est enseignante à Calais, membre de LO depuis l'âge de 18 ans. « Voilà près de 40 ans que je milite pour défendre les travailleurs », commente la candidate.
Par travailleur, elle entend « tous ceux qui vivent de leur travail sans exploiter personne. » Leurs propositions, affirme-t-elle, seraient le bon sens même, et peuvent se résumer ainsi : « Ce sont les travailleurs qui créent les richesses, mais ce sont les patrons qui se remplissent les poches. » Ces patrons toujours, qui, avec leurs amis banquiers, seraient responsables de la crise actuelle, mais c'est le monde du travail qui en paye les pots cassés. « Il y a d'un côté cette course folle aux profits, de l'autre toujours plus de chômage, de travail précaire et de gens qui souffrent. Voter Lutte Ouvrière, c'est dire stop. » Elle propose donc d'exproprier les banques, d'interdire les licenciements pour les entreprises qui font des bénéfices, d'interdire les intérimaires et CDD en partageant le travail sans perte de salaire.
« On peut régler le chômage de façon très simple, assure Françoise Millot. Il suffit de confisquer les profits des entreprises du CAC 40. » Et de citer bien sûr, l'exemple de Total.
Pour changer le système, il faut, selon LO, une prise de conscience générale du monde du travail. Prise de conscience qui se traduirait alors en une mobilisation générale. Et de prendre en exemple, cette fois, les soubresauts qui agitent la Grèce. « Quand les travailleurs se mobilisent, le patronat a peur. La mobilisation est notre force. C'est elle qui peut faire reculer le patronat et le Gouvernement. Il faut que la peur change de camp. » Aux régionales, le parti d'Arlette Laguiller ambitionne de récolter le plus de suffrages possibles. Sans alliance avec les partis voisins.
Stéphane DANGER
© La Semaine dans le Boulonnais