Le Phare Dunkerquois : Une heure en voiture avec Jacques Volant
Entre 1995 et 2001, Jacques Volant avait doublé ses résultats passant de 3 % à 6 % des suffrages exprimés. En 2008, sa performance lui permet de décrocher un fauteuil au sein du conseil municipal. Dans le cadre de cette nouvelle campagne, nous avons passé une heure en voiture avec le candidat de Lutte Ouvrière. Il a choisi trois endroits. Nous en avons sélectionné deux...
La stèle des victimes de l'amiante
Elle est aujourd'hui placée à l'ombre du quartier du Grand Large. Jacques Volant a choisi de mettre en lumière la stèle des victimes de l'amiante. Un outil de mémoire collective pour le candidat : « Cette stèle dénonce le crime qu'a été l'utilisation de l'amiante par les capitalistes. Tant de travailleurs ont été exposés à ce poison par simple quête de profit. Des patrons qui ont sacrifié la santé de leurs salariés en utilisant cet isolant bon marché. Tout le monde savait et personne n'a rien fait. Chaque année 3 000 personnes meurent en France des suites des maladies liées à l'amiante et chacun sait combien ce problème est grave à Dunkerque et dans notre région. Je suis convaincu que d'autres scandales sanitaires se préparent », fustige le candidat de Lutte Ouvrière. S'il est élu maire de Dunkerque en mars prochain, Jacques Volant "armera" les associations qui défendent les salariés : « Comment ? En leur donnant tous les moyens matériels dont elles ont besoin. Il est très important de les soutenir », insiste le candidat de Lutte Ouvrière.
La place Jean-Bart
Le jour de notre promenade en voiture, les commerçants du marché n'ont pas étalé leurs marchandises autour de la place Jean-Bart. Pourtant, Jacques Volant, choisit de s'arrêter sur la place centrale de Dunkerque. Celle des grands rassemblements si chers à la gauche de la gauche. « C'est le lieu du débutet de fin des manifestations du mouvement ouvrier à Dunkerque. Je me souviens de1995, 2003, 2010 qui montrent la permanence et l'existence sociale et politique des travailleurs dans la ville. » Pourtant, ces dernières années, les cortèges de la révolte populaire fondent comme neige au soleil à Dunkerque. Les organisateurs peinent parfois à rassembler, ne serait-ce qu'une centaine de personnes. « Il faut que les travailleurs y répondent, qu'ils retrouvent le chemin de la lutte de classe eux aussi. Il n'y a qu'en se défendant, en imposant la réduction des profits pour créer des emplois et augmenter les salaires et les retraites que les salariés pourront éviter de sombrer dans la misère et la crise. Au-delà de LO, bien des travailleurs et des militants en sont persuadés, mais ils ont été trahis par les directions des partis auxquels ils faisaient confiance. C'est tout le sens de la campagne électorale que nous menons. »
Le terminal méthanier
Il sera difficile de peser sur ce débat en tant que maire du Grand Dunkerque mais JacquesVolant tenait à se rendre au terminal méthanier. Histoire de donner son opinion sur l'épineux dossier des travailleurs détachés. « Sur les 1 200 salariés de ce chantier, les entreprises sous-traitantes emploient de nombreux ouvriers détachés qui viennent de Sicile, du Portugal ou d'Europe de l'Est. Ce sont d'abord des victimes et si elles sont très mal payées chez elles, elles sont toujours moinspayées ici que les salariés nationaux. Les patrons utilisent la pression du chômage qui sévit partout en Europe pour diminuer les salaires et imposer des conditions de travail dégradées. Le 10 janvier, des représentants de la CGT ont tenté de distribuer des tracts à ces salariés détachés pour les prévenir de cette situation. Ils ont subi des pressions de la part d'une direction qui craint la révolte des 1 200 ouvriers du chantier. Les travailleurs détachés doivent avoir les mêmes salaires et les mêmes conditions de travail que les salariés nationaux. L'extrême droite oppose les travailleurs les uns aux autres dans sa campagne pour l'emploi local, ce n'est pas notre philosophie, car nous voulons que les salariés s'opposent, ensemble, au patronat. C'est la définition d'un parti ouvrier. »
AhmedKARA
Les choix de la rédaction
Durant cette heure de balade, la rédaction choisit deux étapes. Pas au hasard évidemment.
Premier arrêt à l'entrée de ville de Saint-Pol-sur-Mer.
Comme l'UMP, Lutte Ouvrière ne proposera pas de listes à Saint-Pol sur- Mer, Fort-Mardyck et Mardyck, les communes associées à Dunkerque. « Ce n'est pas un choix évidemment mais, c'est compliqué, avoue Jacques Volant. Aujourd'hui, nous n'avons pas les ressources pour constituer toutes ces listes. Pourtant, j'ai longtemps par exemple vendu le journal du parti sur le marché de Saint- Pol-sur-Mer. Nous aurions aussi aimé avoir des listes à Coudekerque, à Gravelines ou ailleurs. Mais il faut faire des choix qui ne nous empêcheront pas d'avoir des habitants de Saint- Pol, Fort-Mardyck et Mardyck surnotre liste. Évidemment, ces communes seront représentées. »
Deuxième arrêt devant le local du Parti communiste de Dunkerque
Jacques Volant est à la gauche de la gauche, c'est une certitude. Il ne goûte pas toujours à la politique politicienne et refuse de parler d'accords ou de ralliement. D'ailleurs, où se situe- t-il par rapport au PC ? « Nous, par rapport au PC, nous sommes communistes, car nous sommes Troskistes !, s'exclame Jacques Volant. De plus en plus aujourd'hui, les communistes s'associent avec les grands partis bourgeois de gauche, le PS ou le PRG. Mais nous demeurons assez proches des idées communistes et il arrive que nous nous rapprochions sur certains sujets au moment des luttes. Mais aujourd'hui, la quête des places au plus haut niveau favorise la disparité au sein des partis ouvriers. »
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