Aides à domicile (Seine-Maritime)

« Les patrons nous O-prime »

Brève
20/10/2020

Le quotidien d’une aide à domicile, ce sont les journées à rallonge, avec parfois des heures d’attentes entre deux patients ; les déplacements d’un quartier à l’autre en perdant beaucoup de temps ; des efforts physiques répétés, notamment pour soulever les personnes âgées ; et surtout des salaires qui n’atteignent pas le SMIC et condamnent les femmes qui exercent cette activité à être des salariées pauvres. Avec le covid, se sont ajoutés le manque cruel de matériel de protection et l’angoisse permanente de contaminer ses patients ou d’être contaminée soi-même.

Au Havre, la société de services à domicile Domidom fait partie du groupe Orpea, numéro deux français des maisons de retraite et cliniques privées avec un bénéfice de 220 millions en 2019. Orpea gère plus de 1 000 établissements et 100 000 lits dans 22 pays différents et est par ailleurs assis sur un patrimoine immobilier de 6 milliards d’euros. Une prospérité qui contraste avec le salaire scandaleusement bas des aides à domicile, 900 euros en moyenne, alors que c’est bien le double qu’il faudrait pour vivre décemment.

Début août, Macron avait promis une prime de 1 000 euros à toutes les aides à domicile. C’était un mensonge. En Seine-Maritime, cette enveloppe a immédiatement été divisée par quatre. Et encore, les 250 euros ne seront versés, pour Noël, qu’à ceux qui auront totalisé 130 heures par mois pendant le confinement, autant dire une tâche quasi impossible. Les groupes comme Orpea peuvent remercier Macron et les représentants des collectivités parce qu’ils contribuent, en ne parlant que de primes, à diffuser l’idée qu’augmenter les salaires ne peut se faire. S’appuyant là-dessus, et sous prétexte que le département n’a pas encore versé l’argent aux patrons pour cette subvention, l’entreprise locale en rajoute et dit qu’il n’y aura rien non plus sur la prochaine paye.

Mais les travailleurs du secteur ne sont pas dupes, ils l’ont écrit récemment sur une banderole : « les patrons nous O-prime » !

Monoprix le Havre

« On fait quoi pour vous aujourd’hui ? » - On fait grève !

Brève
13/10/2020

Vendredi 9 octobre, la quasi-totalité de la centaine de salariés du Monoprix du Havre ont débrayé, abandonnant caisses et rayons pour manifester devant le centre commercial René Coty. Ils ont dénoncé la dégradation de leurs conditions de travail, qui s’est encore aggravée depuis 5 ans avec la reprise de Monoprix par le groupe Casino.

En majorité les caissières et employées de rayon sont des femmes, avec des contrats de 24h par semaine, pour à peine 750 euros par mois. Même les quelques rares primes qu’elles touchaient ont été supprimées cette année. Jusque récemment, leurs salaires trop petits les obligeaient à multiplier les heures supplémentaires ; mais depuis la crise sanitaire, il n’y en a quasiment plus.

Leurs revenus ont baissé et, en même temps, Monoprix aggrave l’exploitation en augmentant par tous les moyens la productivité du travail. La direction a gelé les embauches, ne remplace plus les arrêts ni les salariés en vacances, et tout le magasin fonctionne avec moins de personnel. L’installation des caisses automatiques a permis de supprimer de nombreux postes de caissières. Résultat : les salariées sont épuisées et les caissières font face à l’agressivité de certains clients, excédés par l’attente liée au sous-effectif. 

Il faut aussi être de plus en plus « polyvalent », mot bien trop joli pour dire qu’il faut tout faire à la fois, le boulot des postes supprimés ou des salariés absents en plus du sien. Au point que même des cadres ont débrayé, se plaignant de devoir passer « 80 % de leur temps dans les rayons à remplacer des salariés ».

Enfin, le magasin économise sur les frais de ménage et de sécurité, là encore en supprimant des postes et au mépris des risques liés au contexte sanitaire.

Alors après ceux des Monoprix de Nice et d’autres villes, ce sont donc les employées du Havre qui ont relevé la tête, et poussé un coup de colère salutaire.

Port-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime)

Crise du pétrole et de l’automobile ou pas, c’est à ExxonMobil de payer !

Brève
09/10/2020

Comme toutes les entreprises du secteur pétrolier, le numéro un américain ExxonMobil voit ses résultats affectés par la moindre demande sur le marché des carburants et le prix bas du pétrole.

Pour autant, les actionnaires n’entendent pas voir leurs profits remis en cause. En conséquence c’est à la classe ouvrière qu’ils ont l’intention de présenter la note : Sur les 14 000 salariés européens qu’elle emploie, ExxonMobil veut en licencier 1 600 (11 % de l’effectif) d’ici la fin 2021.

Lundi 5 octobre, la direction du groupe pour la France annonçait aux représentants syndicaux la mise en place d’un PSE (bien mal nommé Plan de Sauvegarde de l’Emploi) qui se solderait par la suppression de 190 à 240 emplois dont le détail n’a pas été précisé.

L’usine de Port-Jérôme-sur Seine (2 000 employés) verrait en outre la fermeture de son unité de Vistalon qui emploie 109 personnes et plus d’une cinquantaine de sous-traitants. Cette unité qui fabrique du caoutchouc synthétique pour l’industrie du pneumatique est prétendument victime du rétrécissement du marché automobile. La direction parle de ne reclasser que la moitié de l’effectif et d’inclure les autres dans le PSE.

Il faut que les milliards accumulés par ExxonMobil et ses actionnaires pendant le plein boom du pétrole servent maintenant à maintenir les salaires des employés !

SPB (Le Havre)

« Salariés en colère »

Brève
24/09/2020

C’est avec ces mots que les travailleurs de SPB, un coutier spécialisé dans l'assurance des moyens de paiement, des voyages, ou des téléphones, ont exprimé leur colère lors de la manifestation du 17 septembre.

En juin dernier, leur patron a en effet profité de la situation pour annoncer un plan social, à la mode du moment, c’est-à-dire « en visio ». Quel courage ! Ce plan prévoit 68 licenciements au Havre (sur 470), le site historique, 121 en France et 230 dans le monde, sur un total de 1800 salariés.

L’entreprise s’est répandue dans la presse pour dire qu’elle était « le dos au mur » et que, quand il n’y a ni voyages, ni spectacles, ceux qui assurent les consommateurs ne font plus affaire. La situation sanitaire a bon dos : les sinistres que SPB aurait eu à indemniser ont chuté de 80 %, et le Covid a donc pu lui être favorable dans certains domaines. En outre, cette entreprise a fait 3,5 millions d’euros de bénéfices en 2019. Avec 250 millions d’euros, son dirigeant-propriétaire, Jean-Marie Guian, fait partie des 500 plus grandes fortunes du pays. Ce patrimoine pourrait faire vivre pendant un an presque 7000 salariés payés 1800 euros mensuels, cotisations comprises.

La colère des travailleurs, dont nombre de femmes et d’employés plutôt jeunes, est entièrement justifiée. Ils doivent pouvoir contrôler les comptes de l’entreprise et ceux de leur patron. Tous les emplois doivent être maintenus.

Le Havre (Seine-Maritime)

Edouard Philippe : le pantouflage, « tendance profonde »

Brève
17/09/2020

Edouard Philippe, n’a pas assez de ses fonctions de maire du Havre : par le passé il était lobbyiste pour Areva ; le voilà maintenant administrateur du groupe d’informatique Atos. Cette firme compte 110 000 salariés, et le président de son directoire n’est autre que Thierry Breton, ancien ministre de l’économie, et récemment nommé à la Commission européenne par Emmanuel Macron.

Mais ce n’est pas tout. Atos a versé plus de 2 milliards de dividendes à ses actionnaires en 2019, 11% revenant à Siemens (6 Mds euros de bénéfices). Or Siemens est le propriétaire, depuis 2014, de l’usine Dresser-Rand qui vient d’annoncer la fermeture de son atelier de production de turbines, jetant 300 travailleurs à la rue.

Interpellé lors du dernier conseil municipal par les salariés de Dresser, Philippe a expliqué ne rien pouvoir faire face aux « tendances profondes » de l’économie qui basculerait des énergies fossiles vers les énergies renouvelables. Quelle hypocrisie ! Philippe disait que ses « tripes ont un goût d’eau salée », elles ont surtout celui du fric. Quant à la « tendance profonde », c’est la servitude des politiciens bourgeois à l’égard des capitalistes privés, qui les rétribuent parfois par quelques jetons de présence.