Pas même le minimum pour les forçats de la route

Brève
25/03/2020

Les conducteurs routiers continuent à travailler, leurs livraisons étant indispensables. Mais depuis le début du confinement, leurs conditions de travail se sont dégradées : les aires d’autoroutes et les relais routiers sont fermées, ils n’ont donc plus aucun accès à des WC, douche et point d’eau, et peinent à trouver à manger. Dans les entreprises qu’ils livrent, l’accueil est souvent déplorable. Ils se disent traités « comme des pestiférés » : les patrons leur refusent souvent l’accès aux locaux, à la machine à café et aux toilettes. Les routiers sont nombreux à exprimer leur colère sur les réseaux sociaux, certains ont même refusé de retourner travailler.

La réponse du gouvernement ? Il a annoncé que certaines aires de repos seraient maintenues ouvertes, mais cela ne concerne que les autoroutes. Il a demandé de garantir l’accès des conducteurs à un point d’eau ou à du gel hydroalcoolique à l’entrée des entreprises livrées. Mais il a surtout autorisé les véhicules de 7,5 tonnes à circuler le dimanche, et en allongeant la durée maximum de conduite d’une heure par jour. Un routier ironisait : « C’est pour nous permettre de trouver une douche ouverte qu’ils ont allongé les temps de conduite ? »

Les ministres et le grand patronat célèbrent allégrement les « héros du quotidien ». Mais dans le même temps, ils dégradent encore leurs conditions de travail.

Renault Cléon (Seine-Maritime)

Produire… à quel prix !

Brève
24/03/2020

Un salarié de maintenance de l’usine Renault Cléon est décédé du coronavirus dimanche 22 mars. Il avait 56 ans.

L’ensemble des salariés est bouleversé. Beaucoup ont exprimé leur peine, leur grande inquiétude, mais aussi leur colère !

Personne ne sait si c’est à l’usine qu’il a contracté cette maladie. Mais ce dont tout le monde est conscient, c’est que les mesures prises par la direction étaient complètement insuffisantes dès le début de la pandémie en France.

La principale mesure préconisée par la direction était de se laver les mains. Sauf qu’il n’y avait pas de gel hydro-alcoolique, pas de masque, pas assez de gants et, surtout, aucune possibilité d’espacement suffisant entre les salariés présents.

Lundi 16 mars, les travailleurs se posaient tous la question de quitter le site pour ne prendre aucun risque. Mais dans tous les secteurs de production, l’encadrement imposait de continuer l’activité. Il a fallu attendre 21h30 pour que l’usine soit enfin en grande partie fermée.

Lundi 23 mars, la direction du site a confirmé la suspicion d'autres cas parmi des salariés. Elle a également annoncé qu’elle décidait d’annuler son projet de relancer l'activité d'une unité prototype prévu dès le lendemain, mais… elle insistait lourdement sur la nécessité de penser dès maintenant au redémarrage de l'usine.

Il est intolérable que la direction de Renault ait fait prendre des risques à l’ensemble des travailleurs pour produire des moteurs et des voitures. C’est criminel et n’a aucun sens, sinon celui de chercher à produire des profits futurs coûte que coûte, au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires.

Total préfère les miracles à la science

Brève
24/03/2020

Le groupe Total vient de faire sa publicité en annonçant qu’il donnait dans sa grande bonté 5 millions d’Euros pour l’Institut Pasteur, des associations hospitalières etc. Certes.

Mais lors de l’incendie de Notre Dame, Total a immédiatement annoncé qu’il débloquait 100 millions d’Euros pour la reconstruction de l’édifice.

Voilà comment ce grand groupe multi-milliardaire, qui exploite des ressources aux quatre coins de la planète, et qui a engrangé 10 milliards en 2019, conçoit la lutte contre la pandémie : l’eau bénite plutôt que les tests ou les vaccins, à une dose 2000 fois plus petite que sa fortune sur une année. La messe est dite.

Rouen (Seine-Maritime)

La fabrication de gel hydroalcoolique au bon vouloir des patrons.

Brève
22/03/2020

Une entreprise près de Rouen, spécialisée dans la fabrication de films plastiques pour l’industrie, a décidé de consacrer une partie de son activité à la production de gel hydroalcoolique et d'en faire don aux Agences Régionales de Santé de Normandie et d’Île de France. L'initiative est certes bienvenue, mais il est choquant que les besoins les plus élémentaires liés à l’endiguement de l’épidémie et à la prise en charge des malades soient fonction des bonnes volontés éparses et ponctuelles de quelques patrons.  Outre le confinement et l’arrêt complet de toutes les activités économiques non indispensables, il serait pourtant urgent d’organiser l’économie suivant un plan, pour répondre au plus vite aux besoins élémentaires de matériel et de personnel qualifié, quitte à mettre - pour une fois ! - au second plan les profits des grandes entreprises. Un Etat dirigé par les travailleurs et au service de la population pourrait le faire, mais dans la société capitaliste, ce ne sont jamais les besoins des classes populaires qui dictent les choix des responsables politiques.

 

Le Havre (Seine-Maritime)

Poste du Rond-point : : « Moins d’emplois, c’est non ! »

Brève
16/03/2020

Vendredi 13 mars, des personnels et des militants syndicaux de la Poste du Havre se sont rassemblés pour inviter les passants à signer une pétition contre la fermeture, sur le temps de midi, d’un bureau de Poste très fréquenté. Il s’agit du bureau du Rond Point, situé dans un quartier très peuplé qui s’est considérablement appauvri ces dernières années et où le bureau de Poste est tout simplement indispensable. La pétition était bien signée et le personnel dénonçait derrière cette réorganisation les baisses d’effectif subies depuis des années. Pour exemple, dans ce bureau qui comptait encore une dizaine d’employés il y a quelques années, ils ne sont plus que 3…

Avec un bénéfice annuel de près d'un milliard d'euros, La Poste a largement les moyens de maintenir l'ouverture des bureaux et les emplois qui vont avec.