Le candidat LO, Pascal Le Manach, est allé à la rencontre des Dieppois. : Le 1er tour doit « faire entendre le monde du travail ».
Muni du journal de son parti, le candidat est allé à la rencontre des habitants
Ils sont une poignée d’infatigables, portant drapeaux rouges, à tracter aux barrières. Des militants de Lutte ouvrière, qui sont là depuis tôt le matin, et resteront jusqu’en fin de journée, malgré les averses qui ce jour-là arrosent par intermittence le bitume de Dieppe. C’est la première fois que Pascal Le Manach, le candidat LO pour les élections régionales des 6 et 13 décembre prochains, vient à la rencontre des Dieppois. Délégué syndical chez Renault Cléon depuis 16 ans, il a déjà été candidat aux élections législatives et conseiller municipal, à Oissel, de 2008 à 2014.
« Le FN est anti-ouvrier »
Mais Pascal Le Manach ne le cache pas, son programme est avant tout national. « Les élections ne sont pas locales pour nous. Les gens votent par rapport à la situation générale, et le fait majeur aujourd’hui, c’est qu’il y a 6 millions de chômeurs dans ce pays », explique-t-il. Répartition du travail, interdiction des licenciements, contrôle des comptes des entreprises et des banques... S’il sait qu’il ne peut espérer passer le premier tour, le candidat espère bénéficier d’un vote de protestation. « On veut faire entendre la voix du monde du travail. On ne dit pas qu’il suffira de bien voter pour changer les choses. Ceux qui disent cela sont des politiciens, des menteurs. Il faudra se battre pour imposer nos revendications ».
Dans son collimateur, l’électricien de 49 ans a, bien sûr, le Front national, qui « gangrène » le monde ouvrier, selon lui. « Je discute avec les camarades tentés par ce vote. Je leur explique que le FN a toujours été un parti anti-ouvrier, contre la grève, contre les syndicats. Moi je suis un salarié. Les Le Pen, les Philippot, ce sont des politiciens professionnels. Ils parlent du chômage, ils ne l’ont jamais connu », raconte le syndicaliste.
L’autre sujet qui énerve le candidat Lutte Ouvrière, c’est le gouvernement socialiste. Né en banlieue parisienne, dans une famille communiste, Pascal Le Manach se montre intransigeant sur ses valeurs. « En 2012, on a été les seuls à ne pas appeler à voter Hollande, parce que le PS mène la même politique que la droite. C’est la gauche aujourd’hui qui dirige la région, ça change quoi ? », interroge-t-il. Les militants LO semblent bien accueillis par les Dieppois, un peu partout les discussions s’engagent, cordiales. Le sujet qui fait le plus parler ce jour-là : l’arrestation des syndicalistes d’Air France. « Cela a beaucoup choqué les gens ici, témoigne le candidat ouvrier. Je suis certain qu’à un moment donné, il y aura des luttes importantes. Quand ? Je ne sais pas ». Et le révolutionnaire se prend à rêver : « 15 jours avant mai 1968, Le Monde titrait sur la France qui s’ennuie... ».
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