La Marseillaise : NATHALIE ARTHAUD. La porte-parole de Lutte ouvrière entame une série de rencontres dans le département.
Isabelle Bonnet, Nathalie Arthaud, porte-parole, et les militant(e)s de LO ont commencé leur traditionnelle tournée estivale hier à Nîmes (Gard) PHOTO DR
«Reconstruire un parti révolutionnaire»
Nathalie Arthaud, porte-parole nationale de Lutte Ouvrière dont la caravane entame aujourd'hui une tournée dans le département, répond à nos questions.
Quel est l'objectif de cette initiative ?
C'est une tradition pour nous de profiter des disponibilités des militants pendant l'été pour aller rencontrer des travailleurs, des chômeurs, des jeunes, tous ceux que la situation actuelle révolte.
Le grand patronat est à l'offensive, il prospère en continuant de fabriquer du chômage, de la précarité et le gouvernement Hollande est son fidèle complice depuis le début.
On voit avec ce qui se passe en Grèce la toute puissance du grand capital qui trouve des relais tout à fait complaisants. On pourra discuter aussi des limites de l'impasse de l'électoralisme dont la Grèce est la démonstration parfaite. Les classes populaires peuvent s'exprimer mais d'autres peuvent les prendre à la gorge en imposant leur volonté, c'est vrai ici aussi.
Vous n'avez pas beaucoup d'illusions sur les élections, mais où est la solution ? Dans le développement des luttes ?
Est-ce que finalement, il n'y aurait plus rien à faire ? Au contraire, il faut faire prendre conscience du pouvoir des riches qui se comportent comme des rois et considèrent que les manants n'ont rien à dire. Il faut s'en prendre à la racine du problème : ils possèdent les capitaux et imposent leur loi aux travailleurs du monde entier. Une des grandes leçon de l'histoire, c'est que la bourgeoisie n'a accepté de sacrifices que sous la pression. Les travailleurs doivent se faire craindre de la bourgeoisie, il faut renouer avec cette politique là et reconstruire un parti ouvrier, révolutionnaire qui réaffirme que la force sociale des travailleurs peut permettre d'inverser le rapport de forces. Se battre en étant conscients qu'il faudra remettre en cause le pouvoir des multinationales. Pas de compromis : c'est une leçon de ce qui se passe en Grèce. Il faut réimplanter dans la classe ouvrière l'idée que les travailleurs font tout dans la société et qu'ils sont légitimes pour revendiquer. En 1936, les capitalistes n'ont cédé que par la peur de se faire reprendre leurs prérogatives, leurs usines. Croire que l'on peut les raisonner par des négociations au sommet, c'est une impasse.
PROPOS RECUEILLIS PAR
J.F. ARNICHAND
À Martigues et Port-de-Bouc aujourd'hui, demain à Salon-de-Provence (rue des Fileuses de Soies, devant le cercle des Arts, jeudi à Aix-en-Provence(avenue des Belges, devant la Poste), vendredi à Vitrolles (place de la Victoire, devant l'Intermarché) et samedi à Arles(angle bd des Lices/rue J.-Jaurès).
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