Le Mans (Sarthe)

Des blocages qui ont la cote

Brève
20/10/2010

Depuis la semaine dernière, des "blocages" se sont développés au Mans avec la particularité d'obtenir l'enthousiasme et la participation de nombreux travailleurs.

Déjà mercredi 13 octobre, à l'issue de la manifestation, un rendez-vous avait été donné par l'intersyndicale, à tous ceux qui le souhaitaient le lendemain à 4 heures du matin dans la zone industrielle, pour bloquer les camions et empêcher les activités. Or pas loin de 700 personnes s'y sont retrouvées le lendemain avant de se dispatcher par groupes de plusieurs dizaines ou centaines à différents croisements et ronds points.

L'intersyndicale a reconduit la même action le vendredi 15 à partir de 5 heures. Là encore le nombre de participants fut impressionnant et plus fort encore : entre 700 et un millier de personnes.

Ce mode d'action correspond dans certaines entreprises à une volonté des travailleurs eux-mêmes : sur des débrayages courts de quelques heures à l'appel des syndicats de chaque entreprise, ils se retrouvent et bloquent la zone industrielle.

Ainsi, les travailleurs de Renault se retrouvent à tel rond-point, ceux de Yoplait à tel autre, les territoriaux à tel carrefour, etc.

Et puis surtout c'est un point de ralliement des travailleurs ou syndicalistes de tous horizons ; des retraités ; des travailleurs de l'industrie aux enseignants ou aux hospitaliers ; du privé comme du public ; parfois en grève, parfois pas ; mais qui ont comme point commun de se battre contre la réforme des retraites.

L'ambiance y est chaleureuse et fraternelle. Les arguments vont bon train lorsqu'il faut convaincre un routier un peu récalcitrant et de nombreux automobilistes (qui eux peuvent passer) marquent assez souvent leur soutien au mouvement d'une phrase d'encouragement.

Bien sûr, la grève reste en fait le seul vrai moyen de "bloquer" l'économie. Mais en attendant c'est un lieu de rendez-vous convivial de tous ceux qui veulent lutter contre la réforme.

Fut un temps où Sarkozy disait aimer ceux qui se lèvent tôt, mais il peut être sûr qu'au Mans ce n'est pas réciproque.

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