DAHER Loire-Atlantique

Licencier pour garantir les profits des actionnaires

Brève
15/04/2020

Chez Daher, un gros sous-traitant de l’aéronautique, les conséquences économiques de la crise sanitaire ne se sont pas faites attendre : le patron a écrit à ses salariés pour leur dire qu'il va malheureusement falloir se séparer de certains d'entre eux pour soi-disant "sauver l’entreprise " ! Forcément, il n'allait pas dire que c'est pour sauver ses profits. Pourtant, de l’argent, il y en a car dans le même courrier, il ose quand même se vanter de la "success story" de cette affaire familiale ! Et en effet, la famille qui possède le groupe est la 140ème famille la plus riche de France avec une fortune estimée à 680 millions d’euros en 2019.

Alors, si sacrifices il doit y avoir, ceux qui doivent les faire, ce sont ces millionnaires et pas les travailleurs du groupe Daher qui ont assuré leur fortune.

Privilège Marine (Les sables-d'Olonne)

La crise ? Quelle crise ?

Brève
09/04/2020

Aux Sables-d’Olonne, deux constructeurs de bateaux sur trois, sont à l’arrêt. Seul, Privilège Marine, qui fabrique des catamarans haut de gamme, poursuit sa production avec 50 salariés sur 150, les services administratifs sont en télétravail. Privilège Marine a été racheté en 2017 par le fonds d’investissement Aurelius, déjà propriétaire du chantier allemand Hanse Yachts, 3ème plus grand constructeur de voilier de série au monde.

Sachant que le prix d’un catamaran fabriqué aux Sables varie entre 1,2 et 4,5 millions d’euros, on peut penser que cette production n'est pas destinée aux plus démunis. Et tandis qu'on nous fait des beau discours sur la nécessité de l'Union Nationale en temps de crise, ceux qui ont accumulé des milliards sur la dégradation des services publics n'imaginent pas que ça puisse cesser. Ils exigent leur joujou, corona virus ou pas.

CKB - TE Connectivity Allonnes (Sarthe)

Taillable et corvéable à merci ?

Brève
05/04/2020

Lors de la grève de 2019 contre les licenciements

Après 15 jours de quarantaine, la direction de TE Connectivity, a décidé de faire reprendre le travail en pleine pandémie, le 2 avril dernier avec les risques sanitaires que cela peut engendrer aux 200 salariés de l’usine d’Allonnes.

C’est d’autant plus révoltant qu’il y a un an, la direction internationale de cette multinationale des connecteurs avait décidé de la fermeture du site avec 136 licenciements à la clef pour transférer l’activité en Pologne et aux Etats-Unis. Les travailleurs avaient fait grève à l’époque pour s’opposer à ces suppressions d’emploi.

Mais depuis, les commandes ont continué d’affluer et la direction, faute de bras, a baissé le nombre de licenciés à 87 et en même temps, certains licenciés sont revenus en intérim, en CDD voire quelques-uns ont été réembauchés. La production est à fond et l’effectif n’avait pas été aussi nombreux depuis des années.

Mais cela n’empêche pas que le plan social court toujours et les derniers travailleurs concernés seront licenciés en juin.

La reprise a donc eu lieu le 2 avril avec quelques mesures sanitaires bien légères comme laisser les portes ouvertes pour éviter les contacts avec les poignées ou le port du masque si on travaille à moins de deux mètres d’un autre collègue. Les connecteurs pour l’industrie ferroviaire ou pétrolière n’ont pourtant rien de vital pour la société en ce moment !

Et la moindre des choses serait l’arrêt de la production jusqu’à la fin de l’épidémie, mais cela ne rentre pas dans la logique patronale, le profit avant tout !

Kolmi à St-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire)

Macron rate une occasion de se taire

Brève
31/03/2020

Mardi 31 mars, Macron s’est rendu à l’usine Kolmi, dans la zone industrielle de St-Barthélemy-d’Anjou près d’Angers, où sont fabriqués un million de masques par jour – soit sur 7 sur 8 des masques produits en France. Savamment orchestrée d’un point de vue médiatique, cette visite a été l’occasion pour le président de se fendre d’un discours sur la nécessité de « relocaliser » la production industrielle. Et d’entonner, après son cocorico, un hymne à la « souveraineté européenne ».

Remarquons d’abord que, dans le contexte actuel où la pénurie de masques ne commence tout juste à être surmontée que par des importations en provenance de Chine, blâmer la mondialisation n’a à peu près aucun sens. La crise actuelle démontre l’imprévoyance des gouvernants comme Macron, pas l’inutilité des échanges internationaux – dont on mesure au contraire plus que jamais l’importance. Et puis prendre l’exemple de l’entreprise Kolmi Hopen comme symbole d’un nouveau départ de « l’industrie à la française »... il faut vraiment que Macron soit à court d’exemples. Kolmi appartient en effet à Medicom, un groupe canadien qui possède des sites de production sur trois continents et vend ses produits dans 95 pays.

Heureusement pour Macron que le ridicule ne tue pas... et que la population est confinée ! Car sans cela, nul doute qu’il aurait fallu une forte présence de CRS pour tenir à distance les travailleurs révoltés par sa politique passée et présente, par ses cadeaux sans limite aux riches comme par son mépris (sans limite lui aussi) des pauvres.

 

Nantes Métropole

Éboueurs en colère

Brève
30/03/2020

Nantes Métropole communique largement sur les gestes barrières qui sont nécessaires à appliquer. Seulement, ces gestes ne semblent pas être sa priorité quand il s’agit des agents de la salubrité de la ville. Dès le début de cette crise, il a fallu qu’ils se battent pour obtenir du gel et des gants de protection en latex. Quant aux masques, les seuls qu’ils ont pour l’instant, ce sont ceux que la femme d’un de leur collègue a confectionné !

En se mobilisant, ils ont aussi réussi à imposer que la direction mette en place les règles de protection de base en cette période de coronavirus. Ainsi, ils n’ont plus à se déplacer à trois en cabine de camion-benne comme d’habitude, et l’un des trois coéquipiers est emmené séparément en voiture en début et en fin de collecte. De plus, pour ne pas avoir à se changer en étant trop nombreux en même temps dans le vestiaire, ils ont aussi réussi à ce que soit remis en place le « fini/parti ». C’est à dire le fait de pouvoir débaucher dès la tournée de ramassage des bacs terminée.

Au quotidien, pour la santé de tous et la salubrité, ce sont aussi ces travailleurs qui sont en première ligne. Ils doivent se défendre face à Nantes Métropole, plus apte à faire de l’affichage public concernant le virus qu’à réellement prendre les mesures élémentaires face à ce dernier.