Livreurs à vélo

Le confinement, c'est double peine

Brève
30/03/2020

À Nantes, pendant le confinement, les livraisons de repas à domicile des plateformes du type Deliveroo ou UberEats se poursuivent.

Pour les livreurs, cela veut dire prendre le risque d'être contaminés par le covid-19 ou, de cages d'escalier en pas de portes, d'être un maillon dans la chaîne de propagation de l'épidémie. Quant à l’hypocrite «livraison sans contact» instituée à la demande du gouvernement, elle n'a d'autre objectif que de couvrir les plateformes. Comment imaginer en effet que les précautions sanitaires élémentaires pour se prémunir du virus pourraient être respectées, alors que les livreurs n’ont nul endroit où se laver régulièrement les mains et que les masques chirurgicaux et gels hydroalcooliques sont presque introuvables ?

Il faut ajouter à cela une baisse importante de l’activité et la mise en place par Deliveroo, pour se couvrir de l’accusation de travail dissimulé, du « free shift » : désormais, lorsqu’ils se connectent à cette plateforme, les livreurs n’ont plus la moindre garantie de pouvoir travailler. Ainsi, en plus des risques de contamination, la précarité et la flexibilité sont maximisées pour les livreurs, alors que leurs revenus, déjà en chute libre depuis des années, ont encore brutalement diminués.

L’intérêt des plateformes est de poursuivre coûte que coûte les livraisons, sans hésiter, malgré l’épidémie, à attiser toujours plus la concurrence entre les travailleurs. L’intérêt des livreurs est de suspendre les livraisons pour protéger leur santé, tout en ayant la garantie du maintien de leurs revenus. Les banques, fonds d’investissements et autres géants de la distribution tels Amazon, actionnaires des Deliveroo et autre UberEats, peuvent et doivent payer.

CCI de Nantes-Saint-Nazaire

Ne soyons par leurs héros

Brève
30/03/2020

Yann Trichard, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Nantes-Saint-Nazaire et patron d’une entreprise de conseil, s’est fendu en milieu de semaine dernière d’un communiqué saluant ceux qu’il appelle les « héros du quotidien ». Il cite pèle-mêle « les techniciens de maintenance, les livreurs, les fournisseurs de pièces détachées, les caissières, les approvisionneurs, les informaticiens, les facteurs et toutes les personnes qui contribuent à cette grande chaîne de notre vie… » – autrement dit, la classe ouvrière.

Aucune trace donc, dans cette grande chaîne, des patrons et autres capitalistes. Est-ce là un éclair de lucidité ? Peut-être de la fausse modestie de circonstance ? Bien plutôt de la prudence calculée : en temps de crise comme de guerre, les premiers de cordés aiment mieux se faire discrets, tout en gardant le commandement… depuis l’arrière. La première ligne, comme toujours, est reservée aux travailleurs. Et si les patrons et leurs serviteurs en tout genre glorifient aujourd’hui les « héros » qu’ils méprisaient hier, c’est pour mieux masquer leur seul objectif de guerre : le rétablissement, au plus vite, de leurs profits. Ne nous y trompons pas, leur guerre n’est pas la nôtre – ne soyons pas leurs héros. Chaque jour en apporte une preuve nouvelle : la guerre contre l’épidémie de covid-19 ne peut être dissociée de la guerre que les travailleurs doivent mener contre de tels généraux.

Confinement bourgeois au Croisic (Loire-Atlantique)

Le patron des patrons se ballade

Brève
26/03/2020

C'est Ouest-France qui titre "le patron du Medef ne respecte pas le confinement". Où on apprend dans l'article que Geoffroy Roux de Bézieux a quitté Paris avec sa famille pour s'installer dans son manoir (avec accès direct à la mer) à côté de La Baule. Et qu'il continue à se déplacer vers Paris pour satisfaire aux exigences de sa fonction. Certes, les déplacements sont sévèrement contrôlés. Le commun des mortels est soumis à des amendes qui représentent des sommes astronomiques pour les salariés pris en flagrant délit de courrir sur une plage locale ou un chemin désert. Mais Geoffroy n'est pas le commun des mortels. Cela fait plus de deux siècles que sa famille vit de l'exploitation du travail des autres. Il fait partie de cette grande bourgeoisie qui impose des sacrifices au monde du travail pour pouvoir continuer à mener un train de vie fastueux. Alors, le confinement, même dans un appartement parisien luxueux, très peu pour lui.

Et qu'importe si ce comportement est irresponsable du point de vue social. Le civisme dont on nous rebat les oreilles, c'est bon pour les autres. Pas pour les capitalistes dont l'avidité de profits plonge toute la société dans le chaos.

Cholet, Maine-et-Loire

Un couvre-feu bien démagogique

Brève
24/03/2020

Comme d’autres maires de droite et d’extrême-droite en France, le maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, a décidé l’instauration d’un couvre-feu dans sa commune. Se donnant des grands airs de Père-la-morale, comme ses homologues de LR ou du RN, il a notamment déclaré : « Nous constatons tous que l’application et le respect du confinement général ne sont pas assez rigoureux. […] Je veux que certains Choletais prennent conscience qu’il est absolument indispensable de se protéger et de protéger les autres d’un virus mortel. »  Au fond, il ne fait là que reprendre à son compte la posture martiale de Macron (« Nous sommes en guerre ») et ses réflexions hautaines et moralisatrices envers le monde ouvrier.

A l’hôpital de Cholet, il ne fait certes aucun doute que les travailleurs de la santé sont en guerre, mais sans les armes nécessaires pour faire face à la crise. Blouses, masques, équipements, tests : on manque de tout. Mais ce que le maire de Cholet se garde bien de rappeler, c’est que la guerre contre les services publics, dont celui de la santé, a commencé il y a déjà longtemps, bien avant l’épidémie actuelle. Pour Sarkozy, Hollande puis Macron, qui à tout de rôle se sont fait les perroquets du grand patronat, les hôpitaux devaient être « rentables »... et donc leurs moyens diminués pour faire des économies. On voit aujourd’hui le résultat.

Bien sûr, dans la situation critique engendrée par le délabrement du service public de la santé, on ne peut pas donner tort au gouvernement quand il tente de limiter les dégâts en confinant assez fortement la population. Mais la surenchère de maires comme Bourdouleix qui veulent donner l’impression qu’ils font mieux que l’État a quelque chose d’écoeurant. Son couvre-feu aura un effet sanitaire limité. Mais le calcul du maire est que l’effet politique, lui, sera bien payant. Envoyer ce signal à ses électeurs les plus réactionnaires, cela ne coûte pas cher. Et le but est bien sûr de faire d’une pierre deux coups : complaire à sa clientèle réactionnaire d’une part, attirer les voix des électeurs tout simplement inquiets voire angoissés d’autre part. Surfer ainsi sur les peurs légitimes de la population, voilà bien une spécialité de ce type de politicien.

 

Gare de Nantes

Se protéger oui…mais pas que du virus

Brève
20/03/2020

En gare, dès vendredi 13 au matin, pendant une réunion improvisée d’une vingtaine de cheminots, les questions fusaient par rapport au coronavirus et à ses conséquences. Une liste de revendications a été rédigée dans la foulée et présentée par une quanrantaine de cheminots à la direction venue annoncer les premières mesures prises par la SNCF pour laisser chez eux les cheminots « les plus fragiles », ou bien ceux ayant des enfants à garder.

C’est le maintien des salaires et de toutes les primes qui a été mis en avant ce vendredi car il n’est pas question de perdre quoi que ce soit ! La SNCF a les moyens de maintenir les salaires dans leur intégralité. Ce qui a été également demandé, c’est le matériel élémentaire pour pouvoir se protéger contre le virus (masques, solution hydro alcoolique, etc…).

Des questions ont aussi été posées concernant les travailleurs du nettoyage qui eux aussi manquent de matériel hygiénique. Quant à ceux qui s’occupent des personnes à mobilité réduite, ils n’ont pas la garantie du maintien de leur salaire, tout comme les agents de sécurité !

Durant le week-end, la direction a brillé par son absence et ce sont les cheminots présents sur le terrain qui ont pris les choses en main pour faire rouler les trains normalement et organiser la journée du lundi sans qu’aucune directive ne soit donnée ! « Pas besoin de nos dirigeants puisque c’est nous qui organisons tout », c’était ce qu’on a pu entendre de nombreuses fois en gare dimanche.

Lundi 16, la direction a finalement décidé que beaucoup de postes en contact avec les voyageurs, comme l’accueil, pouvaient rester en « réserve à domicile » tout en maintenant la pression sur d’autres cheminots qui seraient « essentiels » à la sécurité des voyageurs, pour qu’ils viennent travailler.

Les cheminots ne sont pas prêts à croire la direction sur parole et à tout accepter !

Se protéger et réagir le plus collectivement possible, c’est la seule solution pour faire face à cette situation.