Le quotidien Ouest France a offert une tribune à la direction des chantiers naval STX pour justifier sa politique de l'emploi. Outre un recours massif à la sous-traitance et à l'intérim, cette politique consiste à mettre en concurrence les salariés venant de différents pays, de manière à imposer des conditions de travail dégradées et des salaires en dessous de ce qu'imposent les conventions collectives. Sur ce dernier point, la direction assume. Pour elle, respecter ces conventions « aurait un impact non négligeable sur la possibilité de prendre des commandes ». Pour tout le reste, elle nie en bloc. Elle a même le culot de dire qu'à Saint-Nazaire « le nombre de chômeurs métallurgistes est très bas ». Ce qui justifierait de faire venir des travailleurs de pays où le chômage est plus important... et les salaires beaucoup plus bas. Les travailleurs, nombreux sur le site, qui galèrent en étant obligés d'accepter des contrats d'intérim d'une semaine, quand ils en trouvent, ne partagent pas ce point de vue. Pas plus que ceux menacés de licenciement, du fait que leur entreprise est jugée trop onéreuse par la direction de STX, qui leur préfère des entreprises où on s'embarrasse encore moins de respecter le minimum qu'exige la législation sociale en vigueur localement.
Mais les mensonges de la direction ne trompent que ceux qui veulent bien les croire. Et certainement pas les centaines de travailleurs qui ont débrayé à plusieurs reprises, ces derniers temps, pour protester contre une politique qui ne vise qu'à accroître le chômage local pour, peser encore plus sur les salaires.