Cholet (Maine-et-Loire)

Un patron d'un autre âge….

Brève
19/11/2010

A Cholet, 17 salariés de « Vendredi Média » en sont à leur 50ème jour de grève afin de réclamer un rattrapage de salaire. Actuellement, les travailleurs de cette entreprise de distribution sont payés au document distribué, soit l'équivalent de 3,50 euros de l'heure. De plus, leurs contrats de travail supposés être à temps partiel ne comportent aucune durée du travail et aucun taux horaire. Pour calculer le temps de travail, la direction n'hésite pas à diviser la somme versée en salaire par 8,86 euros, taux horaire du SMIC, et obtient un nombre d'heures effectuées tout à fait irréel...

Il existe pourtant une convention collective depuis 2005 qui prévoit des barèmes précis et surtout un temps d'encartage, mais la direction a toujours refusé de l'appliquer.

Alors face à cette situation, les grévistes ont saisi le Conseil des Prud'hommes d'Angers pour demander la requalification des contrats de travail en contrats de travail à temps plein.

Depuis un mois et demi, les travailleurs ont déjà réussi à mettre sur la place publique les pratiques de leur patron, et ils sont bien décidés à continuer leur lutte jusqu'à satisfaction.

STX - Chantiers Navals de Saint-Nazaire (Loire Atlantique)

Grévistes solidaires !

Brève
05/11/2010

Ce qui a marqué le mouvement aux Chantiers Navals c'est la solidarité entre les travailleurs de tous les secteurs.

Ceux de la SNCF, de Total, de la propreté publique, des enseignants, des jeunes ont rejoint les travailleurs de la navale à plusieurs reprises à Penhoët avec les copains d'Aérolia, de Man Diesel, de la SIDES, d'Airbus, de la FAMAT. Et bien sûr les salariés de STX ont rendu la pareille à la raffinerie de Donges lorsque les gendarmes mobiles ont forcé le piquet de grève, à la SIDES lorsque le patron a eu la prétention d'empêcher les grévistes de débrayer en bleu de travail, au chantier du nouvel hôpital lorsqu'un intérimaire a été viré pour avoir participé aux manifestations, aux ordures ménagères quand le Maire socialiste de St Nazaire a voulu réquisitionner les grévistes et leur retenir en double leurs heures de grève.

Aujourd'hui, dans les ateliers à STX, c'est de cette solidarité dont on parle. Beaucoup expriment la fierté d'avoir réagi et ne regrettent en rien d'avoir fait grève. Et du coup, ceux qui ont été de toutes les manifestations deviennent un peu les militants des prochains combats qui ne manqueront pas de surgir. Pour être encore plus nombreux !

Les Sables d'Olonne (Vendée)

Fonds publics, profits privés

Brève
26/10/2010

En 2004, décision était prise de créer un pôle santé au Sables d'Olonne

officialisant la fusion privé-public, avec regroupement des deux cliniques

existantes et transfert sur un nouveau site d'un nouvel ensemble hôpital et

clinique.

En juin 2009, Roselyne Bachelot, venue poser la première pierre était chahutée

par des manifestants dénonçant la privatisation de la santé.

Au bout de dix mois de fonctionnement dans de nouveaux locaux (l'hôpital doit

encore attendre un an), la clinique affiche une santé éclatante. Si elle a perdu

les activités gastro-entérologie transférées à l'hôpital, elle a récupéré la

chirurgie. Bilan : 5000 patients pris en charge, chiffre en augmentation de

40 %, et aux urgences ce sont entre 100 et 200 personnes qui sont transférées,

chaque mois, de l'hôpital vers la clinique.

A l'hôpital par contre la direction annonce un déficit de 3 millions d'euros

pour 2010, reconnaît que le transfert de l'activité chirurgie représente un

manque à gagner de 3,6 millions d'euros de chiffre d'affaire et présente la note

au personnel : accord RTT révisé à la baisse et gel d'une quinzaine d'emplois.

Bref un premier bilan édifiant et sans surprise ou comment remplir les poches

des actionnaires du groupe 3H, propriétaire de la clinique, avec l'argent

public.

Le Mans (Sarthe)

Des blocages qui ont la cote

Brève
20/10/2010

Depuis la semaine dernière, des "blocages" se sont développés au Mans avec la particularité d'obtenir l'enthousiasme et la participation de nombreux travailleurs.

Déjà mercredi 13 octobre, à l'issue de la manifestation, un rendez-vous avait été donné par l'intersyndicale, à tous ceux qui le souhaitaient le lendemain à 4 heures du matin dans la zone industrielle, pour bloquer les camions et empêcher les activités. Or pas loin de 700 personnes s'y sont retrouvées le lendemain avant de se dispatcher par groupes de plusieurs dizaines ou centaines à différents croisements et ronds points.

L'intersyndicale a reconduit la même action le vendredi 15 à partir de 5 heures. Là encore le nombre de participants fut impressionnant et plus fort encore : entre 700 et un millier de personnes.

Ce mode d'action correspond dans certaines entreprises à une volonté des travailleurs eux-mêmes : sur des débrayages courts de quelques heures à l'appel des syndicats de chaque entreprise, ils se retrouvent et bloquent la zone industrielle.

Ainsi, les travailleurs de Renault se retrouvent à tel rond-point, ceux de Yoplait à tel autre, les territoriaux à tel carrefour, etc.

Et puis surtout c'est un point de ralliement des travailleurs ou syndicalistes de tous horizons ; des retraités ; des travailleurs de l'industrie aux enseignants ou aux hospitaliers ; du privé comme du public ; parfois en grève, parfois pas ; mais qui ont comme point commun de se battre contre la réforme des retraites.

L'ambiance y est chaleureuse et fraternelle. Les arguments vont bon train lorsqu'il faut convaincre un routier un peu récalcitrant et de nombreux automobilistes (qui eux peuvent passer) marquent assez souvent leur soutien au mouvement d'une phrase d'encouragement.

Bien sûr, la grève reste en fait le seul vrai moyen de "bloquer" l'économie. Mais en attendant c'est un lieu de rendez-vous convivial de tous ceux qui veulent lutter contre la réforme.

Fut un temps où Sarkozy disait aimer ceux qui se lèvent tôt, mais il peut être sûr qu'au Mans ce n'est pas réciproque.

Saint-Nazaire (Loire-Atlantique)

Des travailleurs emprisonnés après la manifestation du 23

Brève
26/09/2010

Des incidents se sont produits à la fin de la manifestation du 23 septembre dernier à Saint-Nazaire.

Des jets de pierre et de grenades lacrymogènes ont été échangés entre des manifestants et les CRS disposés autour de la sous préfecture. Bien après ces incidents la police a arrêté plusieurs personnes accusées d'avoir lancé des projectiles. Trois d'entre elles ont été jugées le lendemain soir en comparution immédiate. Au cours des 24 heures de garde à vue qu'ils ont subi sans la présence d'un avocat, ces trois travailleurs (un soudeur, un tuyauteur et un agent SNCF) ont reconnu des jets de projectile (cannettes de bière vides ou goupilles de grenades récupérées sur le terrain).

Ils étaient poursuivis pour délit d'attroupement avec arme par destination (les cannettes !).

A l'audience le procureur a requis contre eux trois mois de prison ferme et placement immédiat en détention. A un avocat qui faisait remarquer le décalage entre la réquisition et les faits reprochés, le procureur a rétorqué que la loi lui permettait de réclamer cinq ans pour ce type de délit !

Au final, après cinq minutes de délibération le juge a condamné deux d'entre eux à deux mois ferme et le troisième à un mois. Les condamnés à deux mois sont repartis purger immédiatement leur peine menottés dans le dos.

Le juge qui a prononcé ces condamnations avait officié lorsqu'il avait fallu juger de la responsabilité des employeurs dans l'affaire de la passerelle du Queen Mary II. Rappelons que la chute de cette passerelle, montée à la va-vite et en dépit des règles de l'art, avait causé la mort de 16 personnes. Le procès s'était tenu quatre ans après les faits. La responsabilité des Chantiers de l'Atlantique avait été reconnue et pourtant aucun des responsables de l'époque n'a fait la moindre journée de prison. Ça n'a pas gêné ce même juge qui a su condamner de manière expéditive des travailleurs (dont un des Chantiers) à de la prison ferme pour des motifs autrement futiles.

Mais si vous ne pouvez pas dire que la justice est de classe et au service du patronat, sous peine de poursuites, vous pouvez le penser !