Angoulême (Charente)

Reprise scolaire à Angoulême : danger, école !

Brève
19/05/2020

Il a fallu attendre 48 heures après que, la semaine passée, un enseignant et un encadrant ont été détectés positifs au Covid-19 à Soyaux et à La Couronne, pour que la préfecture se décide à fermer ces écoles par une décision rendue publique dimanche après-midi 17 mai. Des syndicalistes enseignants avaient dû monter au créneau, diverses sources leur disant que l’école de Soyaux ne fermerait pas et que les cas douteux ne seraient pas testés.

Cette semaine de reprise, dans les quartiers populaires de la Grand Font, Ma Campagne et Basseau, des écoles avaient déjà fermé sur des suspicions de Covid.

Cette reprise, où une large majorité de familles n’envoie pas ses enfants en classe, se fait donc dans une situation à risque, encore aggravée par les réactions irresponsables des autorités, empressées à s’aligner sur les décisions de l’État de rouvrir des écoles, afin de renvoyer les parents au travail.

Charente

Dépistage en Charente : peu, tard, meurtrier !

Brève
21/04/2020

La préfète de Charente vient de rendre public jeudi 17 avril que des dépistages systématiques sont réalisés… un mois après le confinement, en commençant dans trois établissements du département – à Rouillac, Angoulême, et un foyer d’accueil à Barbezieux. Dans l’un des EPHAD, huit décès étaient survenus fin mars ; dans un autre, un décès.

Il y a près de 90 EPHAD et assimilés en Charente. Mais le dépistage systématique n’intervient maintenant que parce qu’’il n’y a manifestement pas de tests et de réactifs.

Or, le Covid-19 est bel et bien répandu : les tests ont montré que la moitié des résidents et un tiers du personnel sont positifs à des degrés divers.

Les délais tardifs pour ces établissements, le non-dépistage systématique ailleurs, cela revient à laisser le champ libre au virus.

Le manque de tests n’est qu’un des maillons de la pénurie qui affecte la chaîne de santé : manque de masques, manque de lits, de matériel, de personnel dans les hôpitaux. L’argent existe. Il est allé vers les secteurs où le profit est maximum pour les capitalistes. Au détriment de la santé. C’est l’organisation capitaliste qui est fautive et criminelle.

Arco-LVMH (Châtellerault, Vienne)

Le patron pris la main dans le sac… de profits

Brève
10/04/2020

Le groupe de luxe LVMH, qui possède la marque Louis Vuitton, communique à tout va pour annoncer le lancement de la fabrication de milliers de masques non chirurgicaux dans certaines de ses usines. Dans le magazine Vogue du 9 avril, Michael Burke, président-directeur général, déclarait : « En tant que grande maison française, Louis Vuitton souhaite s’engager à son niveau pour produire plusieurs milliers de masques qui seront distribués gratuitement dans la région pour protéger ceux qui sont les plus exposés ».

À Châtellerault, la direction de l’usine Arco, sous-traitant de LVMH, spécialisée dans la fabrication de sacs à main Vuitton valant, au bas mot, plusieurs centaines (voire milliers) d’euros l’unité, a pris la décision, pour le lundi 6 avril, de remettre en route la production… de sacs de luxe, en prévoyant une augmentation progressive de l’activité dans les jours à venir.

« Protéger ceux qui sont les plus exposés », c’est bon pour la com. Dans la réalité des ateliers, le patron, au mépris des mesures qui nécessiteraient le confinement des travailleurs, du fait de la crise sanitaire, remet en route la machine à profits.

Feindre la « générosité » en fabriquant des masques chirurgicaux pour cacher leur volonté de faire reprendre une production inutile dans la période de pandémie actuelle, au mépris de la santé des ouvriers, correspond bien aux « valeurs morales » des capitalistes, et du premier d’entre eux, Bernard Arnault, propriétaire de LVMH et première fortune de France.

La Poste (Poitiers, Vienne)

Une indignation bien tardive pour être crédible

Brève
07/04/2020

Le maire PS de Poitiers trouve « scandaleux » que la Poste décide de ne pas rouvrir un bureau situé dans le quartier populaire des Trois-Cités, sous couvert de mesures sanitaires liées à la pandémie. De plus, le distributeur de billets attenant ne sera pas réapprovisionné pour d’obscures raisons de sécurité... alors qu’un commissariat de police se trouve à 30 mètres ! Ce maire, très agacé, paraît-il, dénonce « le service public [qui] ne fonctionne pas »
Que ne s’est-il indigné, en d’autres temps, de la casse du service public hospitalier avec les suppressions d’emplois et la dégradation des conditions de travail à la clé, dont on voit les conséquences funestes aujourd’hui, lui qui est président du conseil d’administration du CHU ; des télécoms, quand, en 1997, le gouvernement de la gauche plurielle, qu’il soutenait comme député, initiait la privatisation de France Télécom se traduisant par des milliers de suppressions de postes ; de la Poste, qui a supprimé des milliers d’emplois, précarisé à tour de bras, mais dont la politique se décide dans les salons dorés de l’Élysée et Matignon.
Face à la situation catastrophique des hôpitaux qui suscite la colère à travers le pays, ce responsable politique, en affichant bien fort son indignation du moment, veut surtout faire oublier sa part de responsabilité dans cette gabegie.

Angoulême (Charente)

Schneider à la manœuvre pour faire reprendre le travail

Brève
03/04/2020

Après un arrêt complet des deux usines Schneider Electric à Angoulême et à l’Isle d’Espagnac, les directions font reprendre le travail vaille que vaille, pour le moment à une centaine de travailleurs (sur un millier d’habitude). Beaucoup de travailleurs ne veulent pas revenir, d’autres gardent leurs enfants. Quant à ceux qui sont dans l’usine, certains ne cachent pas qu’ils travaillent la peur au ventre.

Et en effet, dans une situation où l’épidémie s’étend, en rapprochant des travailleurs, en les faisant manipuler des pièces produites ensemble, les patrons font courir un risque terrible aux ouvriers, mais aussi à tout l’environnement social, dans le même temps où toute la population est soumise à l’obligation de confinement. Ce deux poids-deux mesures, les travailleurs ne peuvent pas l’accepter. Il y va de leur vie.