Sarkozy à Alstom Aytré : Autosatisfaction du président-candidat dans une usine qui aggrave l’exploitation
Sarkozy est venu faire son cinéma à Alstom Aytré. Il s'est présenté comme le candidat proche des ouvriers et a même déjeuné à la cantine - ça a dû le changer du Fouquet's ! - mais prudent quand même : avec des travailleurs choisis par la hiérarchie de l'usine.
Il s'est vanté d'avoir sauvé le groupe Alstom en 2004. Le plan de « sauvetage » qu'il avait alors parrainé avait coûté 900 millions d'euros à l'État et... supprimé 8500 emplois dans le monde. Il avait donc surtout sauvé les profits des actionnaires d'Alstom.
Sarkozy a promis une commande de TGV et s'est félicité que tout allait bien pour Alstom. Tout dépend du point de vue. D'un côté, les dividendes versés aux actionnaires vont augmenter de 48 %. Dans le même temps, les salaires ouvriers augmentent moitié moins que les prix, et deux ateliers vont fermer à Belfort, avec la perte d'une centaine d'emplois. À Aytré, pour éviter d'embaucher, la direction fait venir des travailleurs d'autres sites, et utilise des sous-traitants et des intérimaires. Au point qu'en production, les 300 ouvriers ayant le statut Alstom Aytré sont maintenant une petite minorité des 1000 ouvriers de production travaillant dans l'usine d'Aytré.
Et pour faire face à l'augmentation de production, la direction, après avoir imposé ces derniers mois le travail samedis et jours fériés, crée maintenant une équipe VSD (vendredi-samedi-dimanche) en reniant déjà sa promesse d'embaucher le nombre de salariés correspondant : elle ne parle plus que de 51 embauches alors que l'équipe VSD comptera 90 salariés, ce qui veut dire que les équipes de semaine seront déshabillées pour habiller celle du week-end, avec ce que cela implique de fatigue supplémentaire pour produire plus à moins nombreux.
Alors à Alstom, tout va certes bien pour les actionnaires, on comprend que Sarkozy s'en réjouisse, mais les travailleurs n'ont vraiment aucune raison de s'y associer. Comme dans toutes les grandes entreprises, il faut obliger le patronat à prendre sur ses profits pour embaucher.