Nouvelle République - Poitou-Charentes : Ludovic Gaillard : “ Pour briser la dictature des actionnaires ”
La tête de liste régionale de Lutte ouvrière n'a pas attendu les élections pour
faire passer ses convictions politiques.
Nous utilisons ces
élections pour exprimer un cri de colère, pour dénoncer
la grande bourgeoisie qui contrôle l'économie et fait ce qu'elle
veut, indique Ludovic Gaillard,
tête de liste régionale de Lutte
ouvrière. C'est la seule utilité,
selon lui, de ces élections régionales car, dit-il, « elles ne régleront rien ». Et surtout pas le
capitalisme, l'ennemi public
numéro 1 de LO : « Il faut contrôler les comptes personnels des grands patrons », estime-t-il. Pour lui, le vrai pouvoir n'est pas à L'Elysée ou à Matignon « qui ne sont que des valets » mais dans « les conseils
d'administration, c'est là qu'il faut aller le chercher ».
Ludovic Gaillard n'a pas d'état
d'âme quand il constate les rangs des chômeurs qui grossissent jour après jour. « Ce
sont les travailleurs, par leur
force collective, qui changeront
le rapport de force, aujourd'hui
favorable à la grande bourgeoisie ».
Et les méthodes sont radicales
pour inverser la tendance :
« L'interdiction des licenciements est vitale sous peine de
réquisitions des entreprises ; la
répartition du travail entre tous
sans diminution de salaire en
prenant sur la famille des actionnaires ». La tête de liste
ajoute que c'est à « la population de décider de ce qui est le
plus utile pour la société ». Une
attitude qu'il qualifie de « res-
ponsable ». Contrairement aux
banquiers « irresponsables »,
qu'il faut « exproprier ». La solution : « Créer un grand service bancaire public sous le
contrôle de la population ».
Une population capable, selon
le leader de Lutte ouvrière,
« de révoquer les élus à tout
moment ».
Ludovic Gaillard reste en campagne tout au long de l'année :
« La situation est catastrophique, il faut se servir du bulletin de vote pour briser la dictature des actionnaires. » Pour
cela, il ne milite pas seulement
pendant la période électorale
mais « tout au long de l'année ;
nous sommes à la sortie des entreprises et laissons les marchés
aux autres politiques. »
Didier Monteil