Non au travail gratuit
Pour la première fois, La Poste voudrait ne pas payer la distribution des plis électoraux aux facteurs alors qu'elle a touché près de 60 millions d'euros de l'État pour cela. C'est vécu comme une véritable provocation par ceux qui doivent faire ce travail en plus de leur travail habituel.
C'est dans ce contexte tendu que, jeudi 13 mars, les syndicats de postiers appelaient à la grève dans tout le pays. En effet, avec près de 90 000 emplois supprimés ces dix dernières années, les postiers subissent l'explosion de la précarité, l'intensification du travail, des journées de travail morcelées, tout cela pour des salaires rattrapés par le SMIC.
Pourtant les bénéfices de La Poste se portent bien, confortés par toute la panoplie d'aides publiques, crédit d'impôt, exonération de charges sociales qu'offre l'État. Les salaires des plus hauts dirigeants aussi se portent bien : +12 % pour les dix plus hauts cadres dirigeants en 2013. La Poste se comporte comme le plus rapace des patrons. Alors, après le coup de semonce du 13 mars, certains envisagent de faire grève à l'occasion de la distribution des plis électoraux. Ils ont bien raison : c'est une manière d'annoncer le programme de lutte nécessaire pour tous les travailleurs.