Hôpital du Vinatier – Bron (Rhône) :  Covid...age de lits, non merci !

Echo d'entreprise
22/04/2020

des manifestants de l'hôpital du Vinatier

     A l'hôpital psychiatrique, une centaine de soignants se sont rassemblés, mardi 21 avril, à l'initiative des équipes d'unités qui sont visées par une fermeture. Lors de l'action, les slogans étaient : "fermeture de lits = patients en danger",  "covid...age de lits, non merci"...

     Pour justifier ces fermetures, la direction prétend qu'il faut libérer du personnel pour faire face à l'absentéisme. C'est un mensonge, car l'absentéisme est à peine plus grand qu'habituellement. La direction a déjà fermé 80 lits depuis le début de la crise et 80 patients ont été mis dehors précipitamment. Certains ne donnent plus de nouvelles. La direction prétend rouvrir ces unités après la crise. Personne n'y croit. Elle profite sans doute de la situation pour accélérer les fermetures de lits à l'hôpital.

     Elle a à cœur de rembourser un emprunt de 10 Millions d'euros auprès des banques. C'est donc pour assurer une rente aux financiers qui étranglent l'hôpital, que des postes de soignants sont supprimés et des patients mis dehors. La réaction du personnel témoigne du ras-le-bol de cette politique inhumaine. Heureux de s'être retrouvés nombreux malgré la période, les agents se sont rassemblés de nouveau mercredi à une cinquantaine et ils ont décidé de se retrouver de nouveau jeudi, et tous les mardis et jeudis suivants.

 

   

 

Renault Trucks – Vénissieux :  Les pièces avant la santé des salariés

Echo d'entreprise
21/04/2020

Un rassemblement à la PR à Vénissieux

     Le secteur des pièces de rechange n’a jamais cessé de travailler, avec 250 salariés, soit la moitié de l’effectif. La direction ne se contente pas de faire servir les pièces urgentes pour les véhicules en panne, mais aussi les pièces pour le renouvellement des stocks.

     Il a fallu des protestations et des délégations pour que la direction prenne un minimum de précautions comme la fourniture de gel hydro-alcoolique, le nettoyage des engins de manutention et une fin de poste anticipée pour que les équipes ne se rencontrent pas sur le poste... Mais le fait qu’il y ait plus d’une vingtaine de salariés en arrêt pour suspicion de contamination, certains avérés puisque testés, les autres ne l’ayant pas été, montre que ce minimum est bien insuffisant. Et c’est seulement le 20 avril que des masques ont commencé à être distribués !

     Pour faire passer la pilule, Renault Trucks va verser une prime de 50 € par jour travaillé entre le 18 mars et le 16 avril. Cela ne fera pas oublier les risques encourus par ceux qu’on a obligés à travailler dans de telles conditions, tout ça pour maintenir les profits de Renault Trucks.

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Le virus a bon dos

Echo d'entreprise
15/04/2020

L’hôpital ne cache plus son intention de rouvrir un maximum de services, malgré les risques de contamination au COVID-19. Mais si l’on peut comprendre la nécessité d’accueillir à nouveau les patients qui doivent recevoir des soins, il s’agit surtout, pour la direction de l’hôpital, de privilégier tout ce qui rapportera le plus à son budget…

C’est bien pour cette raison qu’un message vient d’être envoyé à l’ensemble du personnel, médical et non-médical : en prétextant un appel à la « mobilisation » face aux conséquences de la crise sanitaire, la direction s’y donne le droit de supprimer les congés d’été de n’importe quel salarié de l’hôpital, pour peu qu’elle juge sa présence nécessaire. Et alors que l’épidémie de COVID-19 est encore loin d’être terminée, elle impose aux salariés de prendre leurs congés dès maintenant, dans le but de les forcer à venir travailler en juillet et en août !

Cela fait déjà quelques années que la direction cherche à limiter les congés d’été pour maintenir ouverts les services les plus rentables. Et aujourd’hui, elle utilise honteusement la pandémie comme un prétexte pour légitimer les reculs qu’elle veut imposer au personnel depuis longtemps. Sur ce terrain, les hôpitaux ne se comportent pas autrement que bien des entreprises… Mais quelles que soient les façons de justifier ces attaques, les travailleurs n’ont pas à accepter de se sacrifier !

Sanofi-Pasteur - Marcy l'Etoile (Rhône) :  La direction ne masque pas son mépris

Echo d'entreprise
15/04/2020

« Ras-le-bol de venir bosser dans ces conditions et de produire des vaccins qui sont déjà en sur-stocks !», voilà ce qu'ont exprimé les 60 à 70 travailleurs de Sanofi Pasteur qui ont débrayé et se sont rassemblés sur le site de Marcy-l’étoile (Rhône) ce mardi 14 avril.

Une « guerre » – pour reprendre le terme de leurs managers – qu'on leur demande d'affronter parfois sans masque de protection et avec des contrôles de température corporelle grotesques qui donnent des résultats à 33, 34 ou 35 °C !

Pour couronner le tout, la direction ne verse pas aux quelques 1000 travailleurs (sur 5000), obligés de venir à l’usine, les 1000 € de prime que le gouvernement a évoqués... Elle s'est contentée de leur verser 15% du salaire de base, une somme qui n'atteint pas les 300 € pour beaucoup. Cela n'empêche pas Sanofi de verser des dividendes à coups de milliards à ses actionnaires...

Face au mépris de la direction, une fraction des travailleurs a décidé de ne pas rester sans rien dire !

Ugitech (Ugine, Savoie) :  La production repart malgré l'épidémie

Echo d'entreprise
09/04/2020

L'aciérie Ugitech d’Ugine, qui emploie plus de 1200 personnes, avait, partiellement, réduit son activité en raison de l'épidémie de coronavirus le 18 mars dernier. À partir de cette semaine, elle va être pleinement relancée, secteur par secteur, la direction prétendant avoir pris les mesures suffisantes, comme la fourniture de « kits de désinfection par espace de travail », pour éviter toute contamination. Les travailleurs sont appelés à toucher les portes avec… la cuisse, le genou ou le coude, et non directement avec les mains… C’est le moins que la direction puisse faire.

Mais c’est l’activité même de l’entreprise qui pose problème puisque les aciers spéciaux produits sont surtout destinés au secteur de l'automobile ou de l'aéronautique. Des activités pas vraiment prioritaires dans la période actuelle…

Les patrons de la métallurgie se sont enrichis depuis les maîtres des forges sur l’exploitation des salariés, et l’épidémie actuelle ne les rendra pas moins irresponsables. Seuls les travailleurs pourront s’y opposer.

 

Droit de réponse demandé par Frédérique Tissot pour Ugitech SA

« Votre site Internet Lutte Ouvrière Auvergne Rhône Alpes a publié le 9 avril dernier, un article concernant Ugitech ne reflétant pas la réalité et qu’il convient de rectifier.

La Direction d’Ugitech a 2 impératifs : d’abord préserver la santé et la sécurité de ses salariés mais aussi, préserver la santé de l’entreprise, notamment ses emplois, en maintenant son activité pour servir ses clients, notamment ceux travaillant pour le médical ou l’alimentaire...  Ugitech a arrêté son activité industrielle du 18 mars au 10 avril 2020 pour analyser les risques liés au Covid 19 et prendre toutes les mesures de prévention adéquates pour assurer la santé et la sécurité de son personnel et ce, en lien avec les CSE (…) Ce sont près de 1.000 salariés qui ont été ainsi ré accueillis selon ce protocole qui a fait l’objet d’un accord d’entreprise signé par 3 des 4 organisations syndicales. La quatrième reconnaissant que « l’entreprise a fait un gros travail de désinfection et d’analyse des postes de travail, de mise à disposition de matériel de façon à ce que les salariés puissent être le plus en sécurité possible face à cette épidémie » n’a toutefois pas souhaité le signer. (…) C’est en toute méconnaissance de cause que le rédacteur affirme : « (C’est) l’activité même de l’entreprise qui pose problème puisque les aciers spéciaux produits sont surtout destinés au secteur de l'automobile ou de l'aéronautique ». En effet, l’automobile ne représente que 25 % de la production d’Ugitech. En revanche, Ugitech fabrique environ 50 000 tonnes par an pour les industries agro-alimentaires. 2 500 tonnes sont par ailleurs destinées au marché médical pour réaliser notamment des dispositifs implantables ou des instruments médicaux. »

Hospices civils de Lyon :  Un aveu d'impuissance qui n'exonère pas la direction

Echo d'entreprise
04/04/2020

Un tutoriel pour fabriquer des blouses à partir de sacs poubelles

La directrice générale des Hospices Civils de Lyon vient d’envoyer un courrier à tous les agents pour annoncer que les réserves en équipements de protections, comme les surblouses ou les gants, ainsi que que plusieurs médicaments vitaux allaient être épuisées dans les jours à venir sans aucune perspective de réapprovisionnements. Elle invoque la demande internationale, la spéculation, les retards dans la fabrication… Face à la pénurie inéluctable, elle enjoint le personnel à faire nettoyer les surblouses jetables, à ne pas en changer entre deux patients Covid, à économiser les gants anti-piqures. Elle fournit même une vidéo expliquant comment transformer un sac poubelle en tablier. Des cadres invitent les agents à participer à des ateliers de confection. Les brancardiers n'auront plus droit aux gants et il leur est conseillé de bien se laver les mains.

Cette lettre a soulevé l'indignation légitime des travailleurs des hôpitaux.

Bien sûr, la pénurie est réelle et dépasse le seul cadre des HCL dont la direction se retrouve aujourd’hui le dos au mur. Mais cette pénurie dramatique n’est pas arrivée par hasard. Depuis des années les directions des hôpitaux, relayant la politique des gouvernements successifs, ont obligé les agents à travailler à flux tendu comme dans les entreprises industrielles, rognant sur tout, les faisant travailler en "mode dégradé" pour faire des économies. Ces économies ont servi à payer l'encours de la dette contractée auprès aux banques qui avaient trouvé un bon filon pour s'enrichir sur le dos de l'hôpital. 

Aujourd’hui, ceux qui paient au comptant ces économies criminelles, ce sont les hospitaliers, contraints de bricoler des équipements pour ne pas tomber malade et risquer de mourir. Ceux qui sont coupables et responsables, ce sont tous ceux qui ont planifié et mis en œuvre cette politique au service du capital. Leur aveu d’impuissance ne les exonère pas.

 

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Les coupes budgétaires vont faire de nombreuses victimes

Echo d'entreprise
03/04/2020

« A l'extérieur on nous acclame comme des héros, mais à l'intérieur ce n'est pas la même ambiance ! » affirme une infirmière de l'hôpital. En effet, les personnels soignants vont travailler de plus en plus avec la boule au ventre, la direction les change de services constamment, des services qu'ils ne connaissent pas toujours et prétend les former en quelques heures à des compétences médicales qui nécessitent des mois d'apprentissage en temps normal.

« On nous donne des masques périmés (parfois depuis 2001!) et on réutilise des sur-blouses jetables – lavées – car il nous en manque aussi ! » affirme l'un d'entre eux. La direction n'a pas mieux à proposer aux personnels, hormis des tutoriels vidéos pour apprendre à confectionner leurs propres tabliers avec des sacs poubelle !

Et aux manques de protections individuelles s'ajoutent les risques de pénurie de médicaments pour les patients tels que les produits anti-douleurs et anesthésiants comme le curare, la morphine et l’hypnovel...

Voilà le résultat des coupes claires réalisées depuis des années à l’hôpital au nom des économies budgétaires et de la dette. Aujourd’hui les soignants et les malades en sont les victimes directes !

Sanofi-Pasteur - Marcy l'Etoile (Rhône) :  Produire pour produire

Echo d'entreprise
03/04/2020

S’il est logique qu’une entreprise de la pharmacie fonctionne pendant le confinement, sur le site de Marcy l’Étoile, la direction continue de vouloir « produire pour produire » comme disent des salariés. Alors que la direction affirmait récemment qu'il y avait trop de stocks de certains vaccins, elle continue de faire venir les travailleurs de ces secteurs et de leur faire prendre le risque d'être contaminés.

En outre, la direction affiche son mépris envers les salariés. Elle souhaite leur imposer de prendre des congés pendant la période de confinement et leur donne des conseils pour tenir bon au boulot : « Si vous avez une petite baisse de régime, parler à un collègue peut vous aider à retrouver de l'énergie. »... La médecine de travail a carrément affirmé que les travailleurs « risquaient moins d'être contaminés sur le site qu'à la maison »...

Même en période de pandémie mondiale, les profits passent avant les vies humaines, les capitalistes restent des capitalistes. Il est urgent de les renverser !

Conduent - Guilherand-Granges (Ardèche) :  Pas envie d’aller travailler avec la peur au ventre

Echo d'entreprise
01/04/2020

     Alors que la plateforme d’appels téléphoniques de Guilherand-Granges était fermée depuis le 17 mars du fait de l’épidémie, les travailleurs ont eu la mauvaise surprise d’apprendre lundi soir par mail que le travail devait reprendre ce mercredi 1er avril. Les horaires de travail ont même été communiqués le mardi dans la soirée pour le lendemain !

     L’entreprise assure qu’elle a pris des précautions, en espaçant les postes de travail, en mettant en place un sens de circulation dans les allées, mais c’est ridicule, alors que cette reprise oblige plus de 100 salariés à se déplacer, parfois en bus, à se côtoyer dans la même pièce toute la journée, à manger ensemble dans des réfectoires trop étroits, bref à risquer tous les jours de se transmettre le virus.

     Dans ces conditions beaucoup n’avaient pas envie de risquer leur santé, voire leur peau, pour satisfaire la soif de profits des patrons.

Framatome - Jarrie (banlieue de Grenoble) :  Produire à n’importe quel prix !

Echo d'entreprise
01/04/2020

La direction de Framatome, sous la pression d’EDF et du gouvernement, a décidé de maintenir la production coûte que coûte. Dans cette entreprise à Jarrie qui fabrique du zirconium,  quelques maigres mesures de protection ont été mises en place, mais très tardivement et seulement sous la pression des travailleurs et de leurs organisations syndicales. Le gel a été livré très en retard. Les masques ont été promis jeudi dernier… et la direction a découvert au CSE de lundi 30 qu’ils étaient stockés à Romans, montrant ainsi qu’elle ne s’en était pas préoccupé avant !  

Pour le moment, les masques sont réservés aux travailleurs qui ont des postes de travail leur interdisant de respecter la distance de sécurité. Et encore ils les ont eu avec retard, bien dix jours après le début du confinement.

La direction envisage de mettre en place quatre postes de 12H consécutifs, soit 48H sur 4 jours. Elle explique dans le même temps que la protection du travailleur repose sur son comportement individuel. Comment, dans des postes de 12H, rester vigilants sur les conditions sanitaires alors qu’il faut déjà l’être sur des installations dangereuses ?

De plus les équipes tournent avec un effectif totalement insuffisant : beaucoup de travailleurs sont en arrêt… et personne ne sait combien sont infectés par le Covid. L’atelier Métal fonctionne avec moins de la moitié de ses effectifs : or c’est là que se font les opérations particulièrement délicates de défournement des éponges de zirconium. Non seulement l’effectif est au mini, mais des travailleurs effectuent des opérations sans formation suffisante, seulement quelques jours, alors qu’en temps ordinaire elle dure de 6 à 8 semaines.

Les organisations syndicales demandent la fermeture du site avec paiement intégral du salaire. Ils exigent également qu’aucun dividende ne soit versé aux actionnaires !

Tous les travailleurs sont choqués de voir que la direction se procure des masques pour une production qui n’a rien de prioritaire alors qu’ils manquent cruellement dans les hôpitaux !