4e circonscription de l'Isère : Alain Ziegler : « Je suis en colère contre l’injustice de cette société »
Voilà 30 ans qu'il milite. 30 ans que ce petit-fils de militant communiste est "en colère contre la société telle qu'elle fonctionne" selon un discours qui emprunte beaucoup à Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud, celles pour qui il a toujours voté. "Les travailleurs sont exploités, ils créent des richesses mais leur partage est inéquitable. Ceux qui travaillent le plus et créent le plus de richesses sont ceux qui en profitent le moins". Dans le viseur, tout le monde (ou presque) en prend pour son grade, à commencer évidemment par "le patronat" : "Les entreprises du CAC 40 ont réalisé 73 milliards de bénéfices après impôts en 2016 [+21,9% par rapport à 2015, NDLR]. Alors de l'argent, il y en a". Si le Front Populaire de 1936 et Mai 1968 reçoivent ses faveurs, les 35 heures ne trouvent pas grâce à ses yeux, "elles ont surtout causé de la flexibilité pour les travailleurs et le patronat les remet en cause depuis qu'il n'a plus de subvention. Et la Droite fait le boulot d'exploiter les travailleurs pour que les riches deviennent plus riches. Peugeot licencie des dizaines d'employés et quelques moins plus tard, rachète Opel".
« De l'argent, il y en a plein dans les sociétés du CAC 40 »
La colère est un puissant moteur, celui qui guide son combat "car ça remue les tripes, cette société injuste. La Fran¬ce envoie des bombes aux quatre coins de la planète, no¬tamment en Syrie, et elle rend responsable ceux qui fuient ces pays et la misère du monde. Qui est responsable, hein ?".
Lui propose «"l'abolition des frontières, les capitalistes, eux, n'en ont pas. Nous, à Lutte Ouvrière, sommes pour les États-Unis de l'Europe". Un message qu'il porte ici sur les marchés, là au porte-à-porte, "on leur explique que le salaire minimum, c'est 1 800 € pour vivre. Quand on voit que certains politiques n'y arrivent pas avec 5 000 €. Parfois, les gens nous mettent dans le mê-me panier que les autres politiques, mais nous comprennent quand on leur dit que l'on dénonce cette société". Il l'a encore dénoncée vendredi dernier à Paris, avec une délégation grenobloise reçue par le ministère de la fonction publique : "C'est une filière d'emplois fictifs, ils ne peuvent rien pour personne là-bas !".
Bon, et ces législatives alors ? Parce que, malgré tout, c'est de ça qu'il s'agissait au départ. "Elle est large, grande, cette circonscription". Un point pour la géographie. Et pour ce qui est des adversaires politiques ? "Je ne sais pas trop qui on aura en face. En tout cas, c'est la circonscription de Battisti". Battistel ? "Oui c'est ça". Fin du chapitre "législatives" pour celui qui avait obtenu 0,41 % des voix en 2012. "Oh, le score est pas si important, c'est surtout les idées". Certes.
Jean-Benoît VIGNY
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Mélenchon ? « Mitterrandôlatre aux petits pieds ! »
Lorsqu'il s'agit d'évoquer les candidats à la présidentielle, Alain Ziegler n'y va pas par quatre chemins. "Hamon ? Il se dit de gauche mais son revenu universel à 750 €, c'est un RSA même pas amélioré". Mélenchon ? "Du protectionnisme, du nationalisme, un retraité du PS, un Mitterrandôlatre aux petits pieds". Macron ? "Le candidat des banquiers". Poutou ? "C'est peut-être l'un des plus proches de Nathalie Arthaud. Les autres se disent candidats du peuple, de la France, mais aucun n'évoque le camp des travailleurs".
Un mot sur le mandat de François Hollande pour finir : "Je lui en veux, il a permis la montée du Front National (?) Il a démoralisé et particulièrement touché la classe ouvrière, ce vote utile pour le PS s'est révélé celui du grand patronat et du capitalisme. Le programme de Nathalie Arthaud, c'est un programme de lutte. Un programme qui montre que ce n'est pas le travail qui manque ni l'argent, mais l'emploi". J.B.V.
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