Le Progrès : André Moulin est officiellement candidat au fauteuil de maire
Saint-Chamond : Municipales 2014.
L'actuel adjoint au maire en charge de l'eau et des barrages fait le choix d'avancer en première ligne. Il n'est pas fâché avec le premier magistrat socialiste, Philippe Kizirian, mais il entend ainsi dénoncer les choix stratégiques réalisés par le gouvernement de François Hollande.
D'aucuns diront qu'ils l'avaient vu venir. Pourtant, l'annonce officielle de la candidature d'André Moulin est tout de même une sacrée surprise dans la mesure où l'édile avait fait liste commune avec Philippe Kizirian, élu premier magistrat en 2008. Dès lors, faut-il en déduire que les rangs de la majorité municipale sont en train de perdre de leur unité ?
« Pas du tout » rétorque le plus célèbre bonnet rouge de la Vallée du Gier. Selon le sexagénaire, « l'entente est tout à fait saine entre le maire et moi au niveau local mais je ne peux pas cautionner l'action du gouvernement socialiste et de ses alliés verts et communistes qui détruisent des emplois. »
Et de poursuivre : « Depuis six ans, nous sommes associés à la gestion municipale et nous avons toujours tenu notre rôle en votant notamment les budgets à chaque fois ».
À quatre mois de l'échéance des municipales, André Moulin, candidat malheureux lors des élections législatives de 2012, rentre donc dans la bataille. Avec toujours le même mot d'ordre : « La défense des travailleurs », comme il l'assène. Car selon lui, « Saint-Chamond est une ville pauvre. Il est donc primordial à mes yeux de défendre les plus faibles, les travailleurs, les retraités ou encore les bénéficiaires du Revenu de solidarité active ». D'après l'ancien ouvrier de Siemens, la situation aujourd'hui est catastrophique : « Nombre de foyers doivent se serrer la ceinture et établir méthodiquement leur budget ».
En colère, celui qui est aussi administrateur du bailleur social Gier-Pilat Habitat lance une nouvelle pique en direction du gouvernement, qu'il accuse de « favoriser le patronat et la bourgeoisie. Ce n'est pas normal de voir des entreprises mettre la clé sous la porte alors que dans le même temps, on leur fait cadeau de 20 milliards d'euros avec le crédit d'impôt compétitivité ». Dans sa lutte contre le profit, il entend « mettre le nez dans les comptes des entreprises et des grands groupes pour constater qu'il y a bien de l'argent pour créer de l'emploi et payer les salariés ».
Et s'il mesure le risque qu'il prend en montant en première ligne pour l'échéance du 23 mars prochain, André Moulin promet qu'on continuera à entendre parler de lui : « Philippe Kizirian ne nous a pas sollicités pour repartir à ses côtés. Je n'ai pas, à mon niveau, à faire de démarche. Nous avons toujours dit bien haut ce que nous pensions. Et élus ou pas, nous ne changerons certainement pas nos habitudes ».
Précision : après la parution dans nos colonnes, lundi, de la candidature d'André Moulin pour Lutte Ouvrière, ce dernier a souhaité préciser : « Nous refusons d'être solidaires de la politique que mènent actuellement, au niveau gouvernemental, le Parti
socialiste et ses alliés Les Verts - Europe Ecologie ». Une erreur d'interprétation nous avait fait écrire qu'il visait aussi les communistes. Ce n'est pas le cas.
Naël Dandachi
© Le Progrès (25/11/2013)