Expressions - Vénissieux : Élection locale, approche globale
Par rapport au scrutin de l'an dernier, cette élection des 22 et 29 mars est marquée par la disparition des « petites » listes. A l'exception de Lutte Ouvrière. Les militants d'extrême-gauche (qui avaient obtenu 2,67 % des voix au premier tour en 2014) sont constants dans leur engagement. Et tout autant dans leur discours.
Pour le parti trotskiste, il ne serait être question de dissocier la réalité locale de la politique au sens large. « Les problèmes des Vénissians, ce sont d'abord le chômage et la précarité qu'imposent le patronat et le gouvernement » explique la tête de liste, Jean-Pierre Tardy, ouvrier retraité. « L'élection du 22 mars ne changera pas le sort des classes populaires. Nous n'avons jamais attribué au bulletin de vote le pouvoir de changer la vie. Mais les travailleurs doivent s'en saisir pour voter pour ceux qui sont dans leur camp. Nous sommes les seuls à avoir un programme de lutte ».
On l'aura compris, Lutte Ouvrière a une approche globale, très éloignée de la pratique classique du pouvoir. On serait bien en mal de trouver une proposition locale dans leur profession de foi. La seule référence vénissiane est celle d'entreprises comme Renault Trucks, Véninov ou Mory Ducros. Et des cortèges de licenciements associés.
« L'essentiel à nos yeux est de construire un rapport de force contre le patronat, la dictature des capitalistes et de la finance » reprend Jean-Pierre Tardy. « Les travailleurs n'ont jamais eu que les fruits de leurs luttes. Ils ne doivent rien attendre des politiciens des partis bourgeois, qu'il s'agisse du parti socialiste ou de la droite ».
Des partis bourgeois dans lesquels ils rangent également le Front national. « Les travailleurs qui votent extrême droite se tirent une balle dans le pied. Le Pen s'en prend à l'Europe ou à Bruxelles, mais ne s'en prendra jamais aux actionnaires, aux capitalistes, à la bourgeoisie. Et pour cause, elle en fait partie. C'est un piège pour les classes populaires. Le piège de la division selon la couleur de peau, l'origine ou la religion ».
Quant à s'unir avec la gauche dès le premier tour pour faire barrage au danger frontiste, elle est incongrue pour LO. « Le barrage ne se fait pas dans les urnes » assure Jean-Pierre Tardy. « Le seul barrage, c'est lorsque les travailleurs s'unissent pour défendre leurs intérêts ».
© Expressions - Vénissieux (11/03/2015)
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