Le Dauphiné Libéré : Elections législatives / Ardèche - Béatrice Cauvin, candidate pour Lutte Ouvrière avec Hocine Mimoune comme suppléant
Hier à Vals-les-Bains, les militants de Lutte Ouvrière se sont mouillés. Au propre comme au figuré. Pour faire part de leurs revendications, ils n'ont pas hésité à braver la pluie de la matinée. Pour Béatrice Cauvin, enfant du pays des Vans, et son suppléant Hocine Mimoune, la lutte continue.
Celle pour les salariés, les ouvriers face au grand patronat, aux banquiers, aux grands groupes industriels. D'emblée d'ailleurs, Béatrice Cauvin insiste sur ce point. La défaite de Nicolas Sarkozy ne change rien. « On est très content que Sarko ait perdu. Sa politique a eu des conséquences catastrophiques. Mais on ne se fait pas d'illusions sur Hollande. Il a fait beaucoup de promesses... »
Ce qui ne variera pas non plus, c'est le programme de Lutte Ouvrière. Une résistance affirmée contre l'économie capitaliste. « Les problèmes rencontrés en Ardèche sont les mêmes qu'ailleurs. On supprime des services publics, des lignes pour les transports, des écoles ferment. Nous voulons l'interdiction des licenciements qui sont souvent le fait des grands groupes industriels. Qu'on prenne la quantité de pognon dans les profits qu'ils ont accumulés. »
Se présenter aux législatives, c'est un acte militant pour Béatrice Cauvin et Hocine Mimoune. Pour autant, ils rejettent en bloc le système actuel. Etre député pour eux n'est pas un objectif. « Quand il y a des suppressions de postes, quel pouvoir a le député ? Il ne peut rien faire face au pouvoir de l'argent. Il y a une logique de rentabilité que les travailleurs subissent. Les salaires sont bloqués depuis 1983. Ce qu'il faut c'est que l'augmentation des salaires soit indexée sur l'évolution du coût de la vie. De l'argent il y en a. Il faut que le travail soit réparti entre tous, sans baisse de salaire. »
Le malaise du citoyen, les militants de Lutte Ouvrière l'ont ressenti. Mais pour eux, la seule voie pour se sortir du marasme, c'est l'abandon des politiques de rigueur et la pression sur les ouvriers. « On milite tous les jours, pas que pour les élections législatives. Comme en 1936 ou en mai 68, il y a des raisons de se révolter. »
Stéphane BLANC
© Le Dauphiné Libéré (Edition de l'Ardèche)