Le Progrès : Electre Dracos : « Je suis toujours aussi révoltée par ce que je vois »
« Face à un système qui marche sur la tête », la candidate de Lutte Ouvrière repart au combat. Aucun signe de découragement et beaucoup d'indignation.
« Je ne sais pas si je verrai un jour un changement social, mais je suis toujours aussi révoltée parce que je vois. C'est mon moteur. » Depuis presqu'un demi-siècle, Electre Dracos carbure à l'indignation, sans donner aucun signe de découragement.
« J'ai des antécédents familiaux », plaide la candidate de Lutte Ouvrière sur la 4ème circonscription. « Mon père, un Grec expatrié, était ouvrier aux usines Berliet. Il militait dans des groupes trotskistes comme Voix Ouvrière, Lutte Ouvrière plus tard. » Elle se dit aussi « fille de mai 1968. En seconde, on brassait beaucoup d'idées. C'est là que j'ai pris contact avec l'extrême gauche ».
Electre Dracos est restée fidèle à ses idées. « Pour moi, ce sont les plus cohérentes face à ce système qui marche sur la tête. Elles permettent d'expliquer l'histoire. » Pas un hasard si elle enseigne cette discipline au lycée de Trévoux. Pas pour diffuser un message (« Je travaille le plus consciencieusement possible. J'applique le programme. ») mais parce que « l'histoire permet d'éveiller les jeunes à l'esprit critique ».
La débatteuse infatigable regrette le peu de politisation de ses élèves, et constate cette colère diffuse que ses concitoyens n'osent exprimer. « Quand on discute avec les gens, des interdictions de licenciements par exemple, ils sont d'accord avec nous. Mais ils ont l'impression d'être seuls. La gauche, la droite, ils n'ont pas vu la différence. Les plans de licenciements vont ressortir bientôt. On est là pour préparer le terrain des luttes à venir. »
Un effort militant
À 61 ans, Electre Dracos repart pour la troisième fois au combat dans une élection qui n'est pas la sienne. En 2002 et en 2007, elle avait fait « autour de 1,30 % ». « C'est un peu anecdotique. On est petit, même si l'on joue au gros parti. Mais participer aux législatives permet de toucher un autre public. On fait cet effort militant pour porter des idées, et pourquoi pas, amener les jeunes à créer un parti. »
Son suppléant, Didier Quilichini, est électromécanicien « dans une filiale de Colgate » à Rillieux. Leur campagne ? Démarcher les marchés des grandes agglomérations, afficher et tracter devant les usines.
© Le Progrès (Edition de l'Ain)