Le Dauphiné Libéré :  Grenoble - Fête de Lutte Ouvrière : Débats, ateliers et jeux étaient au programme du rassemblement annuel

Article de presse
19/10/2014

L'échec des dernières élections municipales ne semblait pas gâcher la célébration annuelle de Lutte Ouvrière à la salle des fêtes d'Échirolles hier après midi. Environ 300 personnes étaient attendues autour d'exposés, d'animations, de vente de gâteaux et de débats.

Entre discussions politiques et jeux festifs, difficile de dire quel était l'objectif premier de cette journée si ce n'est de « passer un bon moment ensemble » comme le résumaient les militants. Même si l'ambiance était festive, à l'exemple d'un clown en salopette et grosse cravate annonçant au micro le début d'un quiz « déjanté ».

Des débats sur la Palestine ou les conflits armés au Proche-Orient ont aussi eu lieu. L'occasion de rappeler les valeurs combattues par le mouvement, que sont l'impérialisme, le capitalisme et la bourgeoisie.

Le Front national sur les terres de Lutte Ouvrière

C'était ensuite l'heure du discours de Chantal Gomez, ex-conseillère municipale de Lutte Ouvrière à Échirolles. Au menu de son allocution : gouvernement socialiste, chômage et Front national. Chantal Gomez a particulièrement fustigé François Hollande pour avoir « fait plus de cadeaux au patronat que la droite n'avait osé en faire  ».

La porte drapeau de Lutte Ouvrière s'est par ailleurs arrêtée sur la guerre menée contre l'État islamique, reprochant au président de la République de « mettre autant de détermination dans ce conflit que dans le recul des droits des travailleurs.  » Enfin, elle a longtemps évoqué Marine Le Pen, appelant la classe ouvrière à ne pas se laisser attirer par son discours « raciste et communautariste  ».

Interrogé sur les mauvais scores aux municipales, Rémy Adam, porte-parole de LO, a réfuté l'idée d'une baisse d'enthousiasme auprès des sympathisants. À l'approche du grand banquet, la salle se remplissait un petit peu plus. Au-delà du moment fraternel, cette journée était surtout l'occasion de garder contact avec un électorat toujours en attente d'un retour du parti sur la scène nationale.

La parole était aussi donnée aux sympathisants

À la question : êtes vous venu pour le côté festif ou politique, la plupart des personnes ont répondu : « Les deux. »

C'est le cas de Derrien Catherine. « Je suis sympathisante et j'ai été plusieurs fois sur les listes ». Accompagnée de ses deux filles, la mère de famille a défendu l'idée que Lutte Ouvrière puisse encore intéresser les jeunes. « Je pense que les jeunes sont un peu dégoûtés et ont le réflexe de se tourner vers l'extrême droite. Mais s'il y a la place pour l'extrême droite, il y a aussi la place pour l'extrême gauche  ».

Plus loin, Alain Genebrier, retraité, se félicite d'appartenir au mouvement. « Je suis militant et je suis venu pour discuter des problèmes de la France avec les camarades. Heureusement qu'il y a Lutte Ouvrière. Le jour où il y aura un soulèvement, les gens se retourneront sur des partis comme le nôtre  ».

Pour Zohra Rosay, le parti n'a d'ailleurs pas de limites. « Du chercheur au balayeur, tout le monde a le même droit face au patronat  ». Une idée également défendue par Chantal Gomez lors de son discours. Hier, même les salariés d'Air France avaient les faveurs de Lutte Ouvrière.

Romain DURIEZ

© Le Dauphiné Libéré - Édition de Grenoble (19/10/2014)