Le Progrès :  « Les Roms ont le droit à la dignité »

Article de presse
15/11/2012

La section Lutte Ouvrière de St-Fons (une quinzaine d'adhérents) dénonce l'immobilisme du gouvernement face à « la précarité en général » et à la situation des familles roms en particulier. « On a du mal à voir la différence avec la politique du précédent gouvernement », déclarent Christine Estero, Christian Prada (deux conseillers municipaux) et Pierre Michallet. Ils qualifient d'« inadmissibles » les « cadeaux (crédits d'impôts) faits au patronat, la hausse de la TVA, les coupes sombres dans les dépenses publiques mettant à mal le service à la population. Les communes risquent d'en pâtir ».

Selon les trois membres de LO, la précarité gagne du terrain tandis que les Roms « sont utilisés comme des boucs émissaires de tous les problèmes de la société. Les expulsions se sont poursuivies, c'est choquant de la part d'un gouvernement qui se dit socialiste  ». Ces propos peuvent paraître paradoxaux de la part d'un groupe appartenant à la majorité municipale de gauche tendance socialiste. « On n'est pas dans la majorité présidentielle. On n'a pas appelé à voter Hollande au deuxième tour de la présidentielle [...] Le fait d'être dans une majorité municipale ne nous lie pas les mains ».

Ils déplorent que plusieurs familles roms, notamment de Saint-Fons, vivent dans « des conditions sanitaires indignes du XXI e siècle. L'État peut prendre en charge ces familles  ». Christine Estero, Christian Prada et Pierre Michallet pensent être en droit « d'attendre d'un gouvernement socialiste, et plus près de nous du président du Grand Lyon, des mesures humanitaires. Quand il a fallu aider les banques en 2008, cela a été possible. Cette fois, il faudrait infiniment moins de crédits. Les Villes, seules, ne sont pas en mesure d'assumer cette charge. Nous demandons que d'autres villes plus riches prennent leur part ».

D'après Christine Estero, la municipalité de Saint-Fons a demandé au Grand Lyon d'installer des sanitaires (compétence communautaire) sur le campement des Roms boulevard Lucien-Sampaix. L'élue s'étonne que la Communauté urbaine n'ait encore rien fait. « Manifestement, c'est une vraie mauvaise volonté ». Lutte Ouvrière préconise un ramassage des ordures plus fréquent ainsi que la prise en charge du transport des enfants à l'école.

Les trois membres de LO estiment que les Roms de Saint-Fons - et d'ailleurs - doivent être domiciliés (pour avoir droit à l'Aide médicale d'État). La Ville refuse pourtant de leur accorder une domiciliation. « La mairie, seule, ne peut pas domicilier tous les Roms, les communes doivent le faire collectivement [...] Il faudrait des maires moins frileux face aux préjugés » sur la question des Roms, suggèrent les trois représentants. « Défendre les Roms n'est électoralement pas payant  ».

À l'entrée de l'hiver, les médias feront bientôt leurs « unes » sur les personnes sans domicile mortes de froid. « Or, depuis combien de temps ce problème existe ? Et ça va aller de mal en pis [...] Les Roms ont le droit à la dignité comme n'importe quel humain. Ils ont été contraints de fuir leurs pays où ils sont ostracisés. C'est intolérable ».

S.M.-T

© Le Progrès (Vénissieux - Saint-Fons) - 15/11/2012