Le Progrès - Bourg-en-Bresse :  Lutte Ouvrière mène sa campagne : « Ce sera un vote politique »

Article de presse
04/03/2014

Pour Lutte Ouvrière, le scrutin municipal sera surtout l'occasion d'exprimer un vote politique et un désaveu du gouvernement. « Les questions locales sont dérisoires par rapport à ce qui préoccupe les travailleurs  », affirme Maude Lépagnot, tête de liste.

Sa capacité de présenter une liste pour la première fois aux élections municipales de Bourg, Lutte Ouvrière la voit comme un signal. « Trente-neuf personnes ont accepté de mettre leur nom sur la liste, c'est un geste politique fort  », a souligné en conférence de presse Maude Lépagnot, enseignante, qui conduit l'équipe. Âgés de 18 à 80 ans, les colistiers, « tous issus des classes populaires  », sont étudiants, retraités, femmes de ménage qui galèrent entre plusieurs employeurs, hommes des chantiers ou des industries, demandeurs d'emploi...

Depuis décembre, LO préparait activement cette liste. « On a réalisé que c'était possible parce qu'on a reçu un écho favorable. Il y a beaucoup de sympathisants sur la liste, des gens qui nous voient toute l'année, sur les marchés, à la porte des entreprises. » Mourad Khelifi, en 2e place sur la liste, se dit ainsi sympathisant depuis longtemps ; déjà investi dans la représentation syndicale, il a franchi le pas.

Ces déclarations de candidatures, « c'est le résultat de la situation politique  », dit Maude Lépagnot. Le parti saisit ouvertement la tribune de ce scrutin local pour combattre un gouvernement et un système économique. « Il y a des plans de licenciements tous les jours, y compris dans les grands groupes comme Renault Trucks, il y a 500 000 chômeurs de plus depuis mai 2012...  » À Bourg comme ailleurs, LO entend donc parler des travailleurs, « ceux qui vivent de leur salaire sans exploiter personne  », et des mesures radicales, de l'interdiction des licenciements surtout : « Ce n'est pas le travail qui manque, ce sont les patrons qui décident de faire toujours plus de travail avec moins de salariés.  »

LO ne fera pas campagne avec des propositions communales. « Les questions locales sont dérisoires par rapport à ce qui préoccupe les travailleurs : l'emploi, les salaires, les conditions de travail, les retraites... On a fait le tour de tous les quartiers et ce n'est pas sur l'avenue Alsace-Lorraine ou le centre-ville que les gens vont se mobiliser.  » Ce premier rendez-vous aux urnes depuis que la majorité présidentielle et parlementaire est à gauche, « ce sera un vote politique et des conclusions nationales seront tirées...  ». Eric Lahy, directeur de campagne, renvoie d'ailleurs les autres listes à leurs intentions : « Vous croyez que les autres ont des propositions locales et qu'ils ne sont pas sur la politique et les partis ? Le FN par exemple ? Et Xavier Breton qui est député ? Et Jean-François Debat qui est cadre du PS ?  » L'hypothèse d'une liste commune avec le NPA, le PG et les Alternatifs n'a jamais été envisagée. « Le PG, c'est Mélenchon, un socialiste bon teint qui a fait voter Hollande...  »

Les militants n'avancent pas d'objectifs chiffrés. « On ne s'attend pas à un score faramineux, dit Eric Lahy. La réalité, c'est qu'une part importante du public populaire va s'abstenir. Finalement, on va ramener des gens vers le vote en se plaçant sur le terrain politique. » Les militants comptent surtout se faire entendre et progresser (0,31 % des voix en juin 2012 à Bourg pour la candidate LO aux législatives, 1re circonscription). « On veut contribuer par notre présence à préparer l'avenir, les luttes futures. »

Fabienne Python

© Le Progrès - Édition de Bourg-en-Bresse (04/03/2014)

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