Le Progrès - Vénissieux : Lutte Ouvrière use du scrutin municipal pour dénoncer la politique nationale
Comme dans cinq autres villes du Rhône, le parti d'extrême gauche est en lice à Vénissieux afin « de donner la possibilité aux travailleurs de sanctionner le gouvernement. »
Comme à Lyon (dans six arrondissements), Villeurbanne, Vaulx-en-Velin, Oullins et Saint-Fons, Lutte Ouvrière (LO) présente, à l'occasion des élections municipales de mars prochain, une liste à Vénissieux (1). Laquelle sera conduite par Marie-Christine Seemann, 47 ans, enseignante, qui milite depuis une trentaine d'années au sein du parti d'extrême gauche et avait été candidate lors des Législatives de 2012.
« Cadeaux aux patrons »
Élue en 2008 sur la liste d'André Gerin (PCF), elle explique le sens de la démarche « autonome » de LO : « Il y a six ans, nous avions joué la carte de l'union à gauche, car il fallait faire barrage à la politique de Sarkozy. Aujourd'hui, Hollande, pour lequel nous n'avions pas appelé à voter en 2012, et le PS n'en finissent plus de faire des cadeaux aux patrons qui ne se privent pas de licencier à tour de bras. Les autres partis de gauche désertent le terrain des revendications sociales et on voit la droite et l'extrême droite dans la rue. En présentant des candidats partout où nous le pouvons dans l'Hexagone ( « Il y aura plus de 200 listes ») et défendant un programme de lutte, nous voulons donner la possibilité aux travailleurs de sanctionner le gouvernement Ayrault. »
Reste qu'à Vénissieux, le PS partant sous ses propres couleurs, l'hypothèse d'une alliance avec un PCF vénissian très critique vis-à-vis de la politique nationale pouvait sembler envisageable. Mais pas question pour Marie Seemann, Jean-Pierre Tardy (2e position) et Monique Dauphin (3e position) de déroger au mot d'ordre national de LO : « On voit que le PCF a des positionnements à géométrie variable vis-à-vis du PS à l'occasion des Municipales et à Vénissieux, il a cherché, pendant des mois, à trouver un accord avec les socialistes. »
« Emploi, pouvoir d'achat plutôt que les sujets locaux. »
Avant de marteler leur différence par rapport à tous les autres candidats « Durant cette campagne, nous n'aborderons pas les sujets locaux, mais exclusivement les problèmes nationaux qui sont au cœur des préoccupations de la classe ouvrière : emploi, pouvoir d'achat. A cet égard, nous militons notamment pour l'interdiction des licenciements, l'augmentation des salaires et leur indexation sur les prix. ».
(1) LO avait présenté une liste aux municipales de 1995, 2001 (4,29 % des suffrages).
H. P.
© Le Progrès - Édition de l'Est lyonnais (14/02/2014)
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