Le Dauphiné Libéré : Nathalie Arthaud, l’héritage assumé d’Arlette Laguiller
Nathalie Arthaud a lancé sa campagne pour la prochaine élection présidentielle.
À encore sept mois des échéances présidentielles et pendant la campagne des Primaires socialistes qui occupe le devant de la scène médiatique, pas facile de faire entendre sa voix. Nathalie Arthaud a toutefois choisi de commencer à battre la campagne depuis septembre dernier.
La porte-parole de Lutte Ouvrière sera la candidate du mouvement d'extrême gauche à la Présidentielle 2012. Un mouvement qui s'est à nouveau choisi une femme pour le représenter lors de ces élections. Nathalie Arthaud, professeur d'économie en Seine-Saint-Denis, a, en effet, la lourde tâche de succéder à celle qui détient le record de candidatures à la mandature suprême : Arlette Laguiller (1).
À Annonay, mardi soir, Nathalie Arthaud tenait son troisième meeting dans la région Rhône-Alpes devant une trentaine de personnes. Avant, lors d'une conférence de presse, la native de Peyrin s'est exprimée sur quelques sujets. Entre sourires et paroles déterminées.
« La démondialisation est une stupidité ! »
« La démondialisation est une stupidité ! [...] Ce qu'il faut c'est une mondialisation sans capitalisme. On sait que les frontières sont artificielles. Le protectionnisme n'a jamais sauvé un emploi ! Les classes populaires paieront plus cher tout ce qui est importé. » Une pierre dans le jardin du « notable » Montebourg...
Sur la question de l'emploi et du chômage, la représentante de l'internationale communiste trotskiste conserve des positions radicales : « Il faut interdire le licenciement [...] S'il n'y a pas d'argent, nous sommes pour aller voir dans les fortunes des dirigeants et des actionnaires. » Et d'appeler « ceux qui travaillent » à « ne pas subir le chantage à la crise, à la dette ».
Concernant l'échéance électorale, Nathalie Arthaud, qui devra subir la comparaison avec son illustre devancière, qui avait dépassé les 5 % en 1995 et 2002, ne veut pas se fixer d'objectifs Si ce n'est de « populariser ses idées ». « Arlette est toujours une membre active de LO, je me revendique de ses idées. Des gens dans les meetings me disent : "on a l'impression d'entendre Arlette". J'en suis contente. » Avec la même longévité ? « Pourquoi pas... Mais j'espère qu'il y aura d'ici là une explosion sociale, une révolution ».
(1) la candidate s'est présentée de 1974 à 2007 soit six fois de suite.
© Le Dauphiné Libéré - Edition de l'Ardèche (13 octobre 2011)