Le Progrès : Selon Guy Largeron, il faut une vraie révolution sociale
Il préfère les marchés aux réunions publiques. Les discussions de sortie d'usine aux grands discours. À la manière d'Arlette Laguiller un temps et de Nathalie Arthaud aujourd'hui, Guy Largeron est un militant. « Je ne suis pas un professionnel de la politique. J'ai pris des jours de repos pour aller au-devant des gens. Quand je ne travaille pas... »
Son côté réservé s'efface quand on évoque les grands thèmes de sa campagne. Emploi, salaire, pouvoir d'achat, le ton est donné. « À Lutte Ouvrière, nous sommes pour l'échelle mobile des salaires. Quand les prix augmentent, les salaires doivent suivre. Voilà comment on maintient le pouvoir d'achat. »
En cette période de crise où le chômage ne cesse d'augmenter, il prône une solution : « L'interdiction de licencier, c'est une mesure d'urgence à imposer. Nous sommes pour le contrôle des comptes des entreprises. Certaines licencient alors qu'elles n'ont pas de problèmes de trésorerie. Mais des petites entreprises n'ont rien à se reprocher, elles subissent aussi le diktat des grands groupes. » L'avenir passe aussi, selon lui, par la nationalisation des banques. « Pas besoin de plusieurs banques, une seule suffira. » La défense des services publics est également une priorité. « Pour nous, il en faudrait davantage. Ce sont des dépenses utiles et nécessaires. »
Plus qu'un programme électoral, Guy Largeron et son suppléant Nicolas Longin parlent de revendications de lutte. « Il s'agit de développer des idées que les gens pourraient reprendre afin qu'ils se battent pour leur vie quotidienne, leur travail. » Une vraie révolution sociale en somme. « Ce n'est pas parce que Sarkozy est parti que ça va radicalement changer. Il faut que la population des travailleurs prenne les choses en mains. »
Dans la lutte depuis une trentaine d'années
Âgé de 49 ans, Guy Largeron est adhérent à Lutte Ouvrière depuis une trentaine d'années. Employé à La Poste à Lyon, et par ailleurs militant CGT, il réside à Dagneux. C'est la troisième fois qu'il se présente aux élections législatives.
Il figurait également parmi les candidats aux dernières élections régionales. Au-delà du résultat qu'il entrevoit comme faible, c'est bien avec l'objectif de faire avancer les idées prônées par le parti de Nathalie Arthaud que Guy Largeron se présente. Il aura comme suppléant Nicolas Longin, 42 ans.
© Le Progrès (Edition de l'Ain)