Le Progrès :  Un vote de colère pour Nathalie Arthaud

Article de presse
13/01/2013

Bien que croyant plus aux luttes sociales, la porte-parole de Lutte ouvrière, en meeting à Villeurbanne, appelle à une mobilisation électorale aux Régionales

Savoir si l'enjeu des élections régionales de dimanche est national ou régional n'est pas un débat pour Lutte ouvrière. Qu'elles soient nationales, régionales ou locales, les élections pour ses militants ne sont que l'occasion de défendre leurs idées, de s'adresser au peuple.

La porte-parole du parti et tête de liste régionale en Rhône-Alpes, Nathalie Arthaud, l'a très bien signifié hier soir à Villeurbanne lors du dernier grand meeting régional de LO : « Nous n'avons pas de programme pour gérer la région, nous avons un programme de lutte pour les travailleurs ». Elle est ainsi fidèle à la ligne de son parti qui croit plus en la mobilisation des masses laborieuses dans la rue pour faire changer les choses qu'en l'accumulation des bulletins dans les urnes.

Nathalie Arthaud est également fidèle jusque dans la forme à celle qui fut, durant trois décennies, la figure emblématique de LO, Arlette Laguiller. Devant les deux cent cinquante à trois cents personnes réunies au Centre culturel de Villeurbanne, elle commence son discours par l'inoubliable « Travailleuses, travailleurs » auxquels elle ajoute « camarades et amis ». Mais l'interpellation, même enrichie, suscite encore des applaudissements fournis.

On est à LO et nulle part ailleurs. Et certainement pas au NPA « qui n'est plus dans la perspective communiste alors que nous sommes communistes » répond la porte-parole lors du traditionnel débat avec la salle qui termine les réunions du mouvement trotskiste. On n'est pas plus plus au Front de gauche. « Ce qui nous sépare, répond-elle encore à une autre question, c'est que le Front de gauche nous berce d'illusions » comme les socialistes en Grèce et qui sont contraints d'imposer l'austérité, explique-t-elle. Les socialistes français, et Jean-Jack Queyranne en particulier, en prennent aussi pour leur grade.

Mais les mots les plus durs furent naturellement réservés, dans le désordre : aux banquiers, à la droite, aux capitalistes, à la bourgeoisie, tous exploiteurs du peuple, tous responsables de la crise. Les banquiers, Nathalie Arthaud ne les aime vraiment pas : « On a besoin des banques, mais pas des banquiers. Il faut les exproprier sans rachat ni indemnité ».

En attendant le grand soir et surtout, dans un proche avenir, d'autres grands mouvements de grève et de contestation, la tête de liste aux élections régionales a tout de même appelé à se mobiliser dimanche prochain « pour exprimer notre colère ».

La réunion, comme toujours, s'est achevée par l'Internationale : les nostalgiques se doivent de ne pas louper ces réunions de LO, l'un des derniers lieux où on peut encore l'entendre portée par des dizaines ou des centaines de voix, ce qui est toujours émouvant.

Michel Rivet-Paturel

© Le Progrès - Edition de Lyon (11-03-2010)