Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne)

Molex : patrons hors-la-loi, gouvernement complice

Brève
18/09/2009

Finalement, lors d'un vote à bulletin secret, le 15 septembre, une majorité de travailleurs de Molex a accepté la rage au ventre le diktat du patron et du gouvernement par 140 voix contre 74.

C'est le 9 septembre qu'il a été question d'un nouveau repreneur. Quelques jours après on apprenait que ce fameux repreneur, un fonds d'investissement américain, se portait acquéreur pour les produits Molex « en fin de vie » avec le maintien ... d'une vingtaine d'emplois, et peut-être dans un avenir incertain, 60 si ça se passe bien. Et cette belle histoire sans aucune garantie, sinon les deniers publics pour le démarrage. Bien piètre résultat pour les discussions, très suivies et fréquentes semble-t-il, de Thibault avec le ministre Estrosi et Sarkozy soi-même : on a la « politique industrielle » qu'on peut quand ce sont les patrons qui décident de tout dans cette société !

Cette proposition de reprise très partielle, qui a l'aval du gouvernement et de la direction Molex, est conditionnée par l'acceptation des nouvelles dispositions du plan « social », qui ont, elles aussi, l'agrément du gouvernement. En gros, il s'agit des mêmes propositions qu'il y a 11 mois, avec un peu plus d'indemnités de départ : 50 000€ par salariés (mais il s'agit d'un chiffre moyen), bien loin des propositions syndicales qui évoquaient non pas une moyenne mais un minimum de 120 000€.

Lors de l'assemblée générale du 15 septembre, les termes de ce chantage ont été accueillis fraîchement par les 150 travailleurs présents. Finalement, lors du vote à bulletin secret, une majorité de travailleurs a finalement décidé d'accepter les conditions du plan « social ».

Pendant qu'on a amusé la galerie avec les discours sur les repreneurs, et des plans de licenciements au rabais, l'État a laissé faire les patrons de Molex qui ont foulé au pied les décisions de justice, qui ont refusé de payer l'intégralité de la paie d'août, et qui ont joué les maîtres chanteurs. Politiciens, justice, État, ils sont tous dans le même camp, celui des licencieurs et des profiteurs.

Oui, comme l'affirmait une syndicaliste de la CGT Labinal, « les patrons délinquants comme Molex, mériteraient mille fois la mise sous séquestre de leurs biens et avoirs », en concluant à juste titre, « ce n'est pas les uns après les autres, le dos au mur, qu'on gagnera contre patronat et gouvernement , mais tous ensemble ! ».

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