Toulouse (31) : Communiqué de Sandra Torremocha sur les réquisitions au procès AZF
Au procès de l'explosion de l'usine AZF, les procureurs ont pointé les fautes de l'industriel : l'explosion s'explique par une erreur de manipulation certes, mais une erreur qui est elle-même la conséquence de multiples dérives techniques liées au développement de la sous-traitance et une politique systématique d'économie.
Les sanctions maximales ont été demandées : 225 000 € contre la société Grande Paroisse et 3 ans de prison avec sursis et 45 000 € d'amende pour le directeur de l'époque Serge Biechlin. Et rien contre le groupe Total et Thierry Desmarest.
La loi ne permet donc pas de rechercher les responsabilités des vrais coupables, des donneurs d'ordre dans les hautes sphères de Total. La loi ne permet de condamner que des exécutants, et à des peines et des amendes non dissuasives. Rappelons pour mémoire que les bénéfices déclarés du groupe Total pour l'année 2008 se sont élevés à 14 milliards d'euros, soit ... 62 000 fois plus que l'amende qu'encourt sa filiale ! Et toujours pour mémoire, le groupe Total a transigé à ... 150 millions d'euros le silence de la SNPE.
Total ne se met pas hors la loi, non, car dans la loi rien ne permet de condamner les conséquences dramatiques de sa politique. Total se situe au dessus des lois. L'injustice c'est pour les victimes de la dictature de ces grands groupes sur la société.