Chantage à la délocalisation chez TRW Automotive

Brève
08/12/2006

Bouzonville (Moselle) - Une fois de plus, la menace de la délocalisation a été utilisée à l'usine TRW fabrique des plaquettes de freinage. Sous ce prétexte éculé ne se cache même pas la volonté de l'équipementier automobile TRW Automotive (60 000 salariés) d'accroître ses bénéfices.

L'usine de Bouzonville est en effet largement bénéficiaire, avec une marge de 16 %. Mais comme la marge est de 20 % en Tchéquie, la direction en veut plus. Et elle sabre partout dans les effectifs : elle vient d'annoncer la fermeture d'une usine en Espagne qui fabriquait des ceintures de sécurité et des airbags.

Depuis octobre 2004, la direction avait commencé son chantage en dénonçant de façon unilatérale tous les accords d'entreprise signés depuis... 1972 ! Elle annonçait le retour aux 40 heures, la suppression des RTT, des primes de Noël et de vacances en cas de congé maladie de plus de 10 jours. Tout en agitant la menace de fermeture de l'usine dont les effectifs ont fondu : 300 emplois perdus en 4 ans, elle compte aujourd'hui près de 900 salariés. Cela avait provoqué grèves et manifestations à Bouzonville (4500 habitants) où la fermeture de TRW aurait été un drame : il n'y a pas d'autre usine à 25 km à la ronde.

Après des mois, la direction a fini par faire accepter le couteau sur la gorge son "plan" à 3 syndicats sur 5 (CGT-FO-CFTC l'approuvant, CFDT-UNSA votant contre). Il prévoit la suppression des 14 jours de RTT en 2 ans, le retour à 39 heures payées 38,5 heures, une augmentation de 2,5 % en octobre 2005 et la promesse d'une nouvelle ligne de fabrication pour 2007.

Ce plan a été soumis au vote des salariés, la direction menaçant, en cas de rejet, de supprimer immédiatement 300 emplois. Il a été "approuvé" par 82 % des ouvriers. Elle est belle la démocratie patronale car, comme le disait un ouvrier, « on nous demande si on veut nous couper un bras ou nous couper la tête ».

À l'issue du vote, le directeur de TRW Europe était radieux sur France 3 Lorraine : "c'est une grande victoire pour les salariés" affirmait-il tout en expliquant que la pérennité du site était assurée... jusqu'en 2010. Et après ? Aucune garantie n'est apportée. La direction ne s'engage pas, après avoir coupé un bras, à ne pas couper la tête.

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