AFR à Douai, c'est une usine qui fabrique des wagons de fret.
Elle a déjà fait l'objet de prétendus « sauvetages ». Quatre fois en quelques années, elle a été rachetée par des affairistes qui, à chaque fois, empochaient des « aides » sous forme de subventions publiques et licenciaient en même temps. Le dernier plan de « sauvetage » date d'il y a seulement quelques mois et avait entraîné 150 licenciements.
Le 11 mars, le nouveau propriétaire-actionnaire parlait de relance. Et le 29 mars, les 226 travailleurs de l'usine apprennent qu'il n'y a plus un sous en caisse.
Le patron propose plusieurs nouveaux projets qui, tous, entraîneront des licenciements, voire la fermeture de l'usine, mais qui lui permettront de se dégager sans avoir de comptes à rendre. Il ne dit pas, bien sûr, ce que sont devenues les subventions et les aides dont il a bénéficié.
Alors, depuis le 30 mars, les travailleurs occupent l'usine. Ils ont décidé d'en interdire l'entrée aux directeurs et au patron. Ils refusent de livrer les wagons qu'ils ont fabriqué. Et ils réclament que leurs salaires soient assurés et qu'on leur rende des comptes. Ils ont pleinement raison.