L'Est républicain :  « Exproprier les banquiers sans indemnités »

Article de presse
22/09/2011

Nathalie Arthaud vise la révolution plutôt que la présidentielle. Photo Dominique ROQUELET

La salle était acquise à la rhétorique bien rodée de Lutte ouvrière. 80 chaises pour autant de sympathisants, Nathalie Arthaud, la candidate de LO à l'élection présidentielle, a été accueillie sous les applaudissements hier à 17 h 30, salle Villon, au Montmarin. Odile est venue pour voir la remplaçante d'Arlette. « J'ai voté pour Arlette pour ne pas voter blanc », se souvient la retraitée dont le fils milite sous les couleurs de LO. Rangs du fond, Sylvain est lui aussi un militant. « Notre but, c'est que le pouvoir soit attribué aux ouvriers ». Lui aussi rêve d'un grand soir.

En attendant, Daniel Rouillon, ouvrier soudeur chez Alstom, a chauffé la salle. À lui de localiser la vingtième ville visitée par la porte-parole de LO. Et de reprendre les chiffres de l'emploi sur le site de Peugeot Vesoul. « Vesoul se flatte de vouloir embaucher 95 personnes d'ici à la fin de l'année quand il a supprimé 400 emplois en CDI sur 10 ans. Une bonne partie d'intérimaires compose les 3.300 emplois du site » qu'il veut voir embaucher en CDI.

Cet ultimatum, la professeur d'économie et de gestion, le tient dans son programme. Pas un programme pour espérer le poste élyséen, « l'échéance c'est la révolution ». Sur fond de révolution arabe et de crise financière, le discours de la jeune candidate est d'un coup plus audible. Voire crédible. D'autant qu'elle tient le coupable en bouc émissaire au bout d'un pic : « mon programme, c'est certes de sauver les banques mais en expropriant les banquiers. La seule façon de sauver les banques dont les salles de marché ont été transformées en salle de casino. Exproprier les banquiers sans rachat ni indemnités. On ne leur doit rien ».

À ses yeux, résoudre la crise financière en abondant à la proposition de DSK et d'éponger la dette grecque, la fait se dresser d'un coup. « Je n'ai aucune estime pour lui, ni personnelle ni sur le plan économique ni politique. Je ne comprends pas pourquoi on fait de lui une sommité mondiale et je veux dénoncer la façon dont on présente le problème ». Elle, préfère semer pour que les arguments de LO fassent leur chemin au-delà de l'élection présidentielle. C'est plus dans la rue que dans les urnes que Nathalie Arthaud attend son heure. « Qu'ils aient les grèves et les manifestations avec ces objectifs en tête : interdire les licenciements, partager le travail, indexer les salaires sur l'inflation. Je pense à des mouvements sociaux comme on en a connu ». En attendant, Nathalie Arthaud se fait un nom et un prénom.

Walérian KOSCINSKI

© L'Est Républicain, Jeudi le 22 Septembre 2011 / 24 heures Haute-Saône /

Droits de reproduction et de diffusion réservés