L'Est républicain : En attendant la lutte finale
Quarante-trois meetings d'ici Noël. Photo maxppp
GROUPONS-NOUS ET DEMAIN... « La révolte sociale, ne se verra pas dans les urnes. Mais sur un autre terrain. La révolte se verra dans la rue ».
Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière à la présidentielle de 2012 est en campagne depuis le 6 septembre. De passage en Lorraine hier, elle a rencontré les militants à Nancy et Épinal avant tenir un meeting le soir à Vesoul. « 95 villes, 43 meetings d'ici Noël », un rythme infernal que la jeune candidate vit « avec enthousiasme. Je suis bien entourée, je ne suis pas seule. Les militants sont là ».
Dans le sillon gravé par Arlette Laguiller
Professeur d'Economie-gestion dans un lycée d'Aubervilliers, elle trace sa route avec détermination dans le sillon gravé par Arlette Laguiller, candidate historique de Lutte ouvrière à six présidentielles consécutives. On lui parle sans cesse d'Arlette ? « Cela ne me dérange pas au contraire. Je ne vais pas supprimer le crédit qu'elle a gagné. Je suis en résonance avec ce qu'elle a toujours fait ».
Et la résonance cela commence par un bon vieux « Travailleurs... Vous êtes dans votre droit en refusant les licenciements. Je veux dire aux exploités de ne pas subir ce chantage », martèle la candidate. Effondrements économiques, crise, spéculation en folie, « Les dirigeants économiques sont là pour faire du cinéma. Pour sortir de la crise, il n'y a pas de solution. Hormis celle de se débarrasser du système capitaliste. Les travailleurs se protégeront en se battant. Par les luttes ».
Interdiction des licenciements, partage du travail, contrôle des entreprises. Les militants acquiescent. Lucien Aubert, conseiller municipal dans une commune de Meurthe-et-Moselle veut y croire. « Nous, élus, voyons la pauvreté gagner du terrain ». La révolte gronde. « Dans les pays du Maghreb, ça a marché, alors pourquoi pas ici ? ». Tous d'accord pour la révolte. Mais quand ? Où ? Et Comment ? Certains attendent « l'élément déclencheur ». D'autres, comme cette militante s'interrogent. « La révolte oui. Mais ça s'organise ! ».
Allégeance aux armes, « dans la même veine que Pétain ! »
En attendant la lutte finale, Nathalie Arthaud, continue son tour de France, « je suis absolument certaine d'avoir les 500 signatures », et quant à savoir ce qu'elle pense de la toute récente proposition de l'UMP de rendre obligatoire à tout jeune Français le serment « d'allégeance aux armes », elle balaye d'un revers de main : « Ça a déjà été proposé par le régime de Vichy. C'est dans la même veine que Pétain ! ».
Stéphanie SCHMITT
© L'Est Républicain, Jeudi le 22 Septembre 2011 / France-Monde /
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