Nord Littoral : Candidate de Lutte Ouvrière à la présidentielle de 2012, Nathalie Arthaud était à Calais
« Il faut interdire les licenciements »
De gauche à droite, Dominique Wailly, Nathalie Arthaud, Françoise Millot et Eric Pecqueur.
Lors d'une conférence de presse à Calais, hier, Nathalie Arthaud a évoqué l'atmosphère sociale du Calaisis et défendu sa candidature à la présidentielle de 2012.
Son avis sur la compagnie maritime SeaFrance, actuellement en redressement judiciaire et qui pourrait être liquidée par le tribunal de commerce de Paris, mardi
« Il y a un manque de transparence évident dans cette entreprise. Il faut supprimer le secret des affaires. Il serait bon de demander aux dirigeants de SeaFrance où est passé l'argent. Une chose est sûre en tout cas, les salariés ne sont pas responsables. Et pourtant ils payent et vont encore payer. »
Sur la possible reprise de la société de ferries par une Scop
« Que les travailleurs cherchent à sauver leur emploi, je trouve ça sain. Maintenant, ce n'est pas un modèle d'avenir. S'ils agissent ainsi, c'est parce qu'ils n'ont aucune alternative. Mais ils ne pourront pas remettre sur les rails toutes les entreprises qui auront été mises en faillite par les dirigeants. Tout cela n'est guère étonnant : la SNCF qui détient SeaFrance a semble-t-il aussi décidé de laisser tomber le fret parce qu'il n'était pas assez rentable. Tant qu'on restera dans cette logique, on ne pourra pas avancer. »
Sur la situation paradoxale de Calais, ville aux nombreux atouts qui affiche pourtant un chômage de près de 16 %
« Le chômage n'est pas une fatalité. On peut le combattre en interdisant tous les licenciements et en répartissant le travail entre tous sans diminuer pour autant les salaires. C'est ce que je propose dans mon programme pour la présidentielle. Il faut faire payer ceux qui sont irresponsables du point de vue de la société, ceux qui prennent des décisions contraires à l'intérêt des travailleurs. »
Sur la crise économique mondiale qui secoue la France
« On est loin d'en être sorti, la crise de la dette grecque nous le montre. Pour sauver les banquiers, on ruine les commerçants, les artisans. On nous dit qu'on souhaite sauver ce pays mais on tape sur les travailleurs au risque de faire de la Grèce un pays du tiers-monde. Si c'est comme ça qu'on souhaite nous sauver, je dis "non merci !".
Sur sa différence avec le Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et le NPA de Philippe Poutou
« En 2012, je serai la seule candidate communiste révolutionnaire. Jean-Luc Mélenchon a créé son parti parce qu'il ne voulait pas rejoindre les communistes, il les a absorbés.
En ce qui concerne le NPA, nous n'avons pas la même façon de hiérarchiser les sujets. Notre premier combat sera toujours le même : la lutte contre l'exploitation des travailleurs. On est persuadé qu'on pourra résoudre tous les autres problèmes une fois qu'on aura réglé celui-là. »
Sur sa candidature à la présidentielle de 2012
« Il ne suffira pas de bien choisir son candidat à la présidentielle pour que les choses changent. Il n'y a aucune autre solution que la reprise du contrôle de l'économie par les travailleurs pour qu'on puisse ensuite discuter de ce que l'on fait des richesses, comment on les réinvestit, qui on embauche...
Julien POUYET
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