Le Républicain lorrain : Arthaud, l'ombre et la lumière
Pas inquiète pour ses 500 parrainages, Nathalie Arthaud était hier à Metz. Photo Marc WIRTZ
La méconnue candidate de Lutte Ouvrière à la présidentielle, Nathalie Arthaud, était hier en meeting à Metz.
Pull col en V bleu, chemise claire et sage coupe de cheveux. De passage à Metz, hier, au Foyer du jeune travailleur Pilâtre de Rozier, Nathalie Arthaud, 41 ans, a l'allure de la prof de gestion qu'elle a longtemps été avant de prendre la suite de l'éternelle Arlette Laguillier à Lutte Ouvrière.
Désignée candidate à la présidentielle en décembre 2010, elle arpente « le terrain, la France, au contact des militants » depuis près d'un an, toujours à la recherche d'une visibilité à l'extrême gauche.
Dans l'ombre d'un encombrant Mélenchon et malgré l'éclipse médiatique d'un NPA en mal de leadership. « Je n'ai pas d'objectif chiffré pour mai prochain », affirme celle qui est créditée de 0,5 % à 1,5 % d'intentions de vote en fonction des sondages.
« Je veux dire que le chômage n'est pas une fatalité, si l'on met un terme à l'asservissement des travailleurs par le grand patronat bourgeois », assure une Nathalie Arthaud qui salue la centaine de militants venus l'applaudir par un « Travailleuses, travailleurs, camarades et amis » rappelant les grandes heures de sa célèbre devancière, six fois candidate à la magistrature suprême.
« Coups de trique »
La rhétorique générale, elle, tient du copier-coller d'une phraséologie connue, adaptée à l'actualité. Grèce, euro qui tangue, plans sociaux chez Arcelor-Mittal - qui sacrifie Liège et menace Florange - et crise mondiale lui offrent une matière inépuisable.
« [Depuis la crise de 2008], si on avait jeté l'argent par les fenêtres, il aurait été mieux utilisé [qu'en confiant tant de milliards] aux banquiers-vautours », attaque celle qui concentre ses piques sur le couple Merkel-Sarkozy. « Il y a dix jours, déjà, ils affirmaient avoir pris les décisions essentielles pour sauver l'Europe. Au lieu de ça, la crise est plus forte et il faut d'urgence dresser le mauvais élève Papandréou. Ce type de démocratie n'a donc plus que les limites qu'ont fixées les banquiers ? »
Avec gravité, à la veille du discours de François Fillon sur le sujet, elle avertit que la France, « après l'Italie, l'Espagne et le Portugal », sera probablement la prochaine sur la liste à se voir infliger les foudres des agences de notations et se voir imposer « les plans d'austérité à coups de trique ».
Ses solutions ? « Interdiction des licenciements, nationalisation et regroupements forcés des banques. C'est abject d'avoir voulu faire croire que tout est de la faute de la Grèce et qu'il ne reste plus qu'à la jeter par-dessus bord pour sauver l'euro », s'empourpre Nathalie Arthaud.
Alain MORVAN
© Le Républicain Lorrain, Lundi le 07 Novembre 2011 / IG /