L'Est républicain :  « L'alternance reste une duperie »

Article de presse
12/02/2012

Nathalie Arthaud était hier en réunion publique à Besançon. Photo Nicolas BARREAU

ELLE DIT ELLE-MÊME comme pour prévenir les sourires qu'elle a repris le « Travailleuses, travailleurs  » d'Arlette Laguiller qui se présenta six fois à la présidentielle.

« Ce n'est pas seulement un slogan, c'est le fond de notre politique, nous nous adressons à ceux qui, nous en sommes convaincus, peuvent changer la société  », souligne Nathalie Arthaud qui a fait étape, hier, à Besançon.

La reprise de la célèbre formule n'empêche pas la candidate trotskiste de Lutte ouvrière d'être à la peine, comme disent les sportifs. Elle et son concurrent du NPA stagnent dans les sondages comme si Jean-Luc Mélenchon suscitait en sa faveur le réflexe du vote utile à l'extrême gauche. « On ne défend pas les mêmes perspectives, Mélenchon n'est pas un adversaire mais il a un programme de gouvernement. Le seul vote utile est dire ce que l'on pense au premier tour et seule la lutte des exploités peut changer leur sort et pas un gouvernement  ».

Aujourd'hui, Nathalie Arthaud est sûre, « grâce au réseau militant  », d'avoir ses 500 parrainages, son aînée Laguiller les a toujours eus.

Et de pouvoir aller porter la parole révolutionnaire « afin de se débarrasser du capitalisme et de transformer la société de fond en comble ». Elle qui se présente comme « une candidate communiste  » met en avant « un programme de lutte » : interdiction des licenciements, forcer le patronat à conserver tous les emplois et à garantir l'emploi y compris des intérimaires, établir le contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises, remettre en vigueur l'échelle mobile des salaires.

« La variable d'ajustement ne doit pas être les travailleurs mais les profits et les dividendes. Les mêmes qui nous expliquent que le coût du travail est trop cher trouvent toujours de quoi verser des millions aux PDG et aux actionnaires  », rapporte Nathalie Arthaud.

« Explosion sociale »

Cette dernière voit certes que sa candidature a du mal à décoller mais « si nous avons réussi à faire passer des idées, cela ne tombera pas dans l'oreille de sourds mais des travailleurs confrontés aux diktats patronaux ».

Elle prévient, même si (et peut-être surtout) Hollande est élu, « l'alternance reste une duperie car il faudra continuer de se battre pour ne pas perdre les emplois ou contre le chantage aux caisses vides. Il suffit de voir les bénéfices de Total  ».

À cet égard, Nathalie Arthaud sera là pour rappeler «les trahisons des gouvernements PS soutenus par le parti communiste »

La candidate LO l'affirme, « la crise aidant, tout converge pour qu'il y ait explosion sociale et que les travailleurs se décident à prendre le mal par les racines ».

Yves ANDRIKIAN

© L'Est Républicain, Dimanche le 12 Février 2012 / 24 heures Doubs /

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