La Voix du Nord : Un trio de militants Lutte ouvrière dans la bataille des législatives dans trois circonscriptions du Nord
La «task force» trotskyste dans l'arrondissement : Bruno Leclercq, Éric Pecqueur et Jacky Boucot. PHOTO « LA VOIX »
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Les élections passent, mais LO reste LO. Et quand bien même l'aura de Lutte ouvrière n'a plus le lustre des « années » Arlette (1,6 million d'électeurs aux présidentielles de 1995 et 2002, contre 200 000 pour Nathalie Arthaud le 22 avril), ses militants n'ont de cesse de battre le pavé pour affirmer que « le seul vote communiste », c'est eux. Comme un slogan qui claque pour les trois candidats du parti trotskyste dans les 19e , 20e et 21e circonscriptions.
Même si, chez L0, on n'aime pas tirer la couverture à soi, ni voir une tête dépasser plus qu'une autre, quelqu'un doit bien prendre la parole pour annoncer les candidats de chaque circonscription dans l'arrondissement. Parfait dans le rôle, Éric Pecqueur s'y colle donc. En tête d'affiche aussi connue pour son militantisme au sein du mouvement ouvrier que bête noire de la direction de Toyota Onnaing, en remuant délégué syndical CGT. Déjà dans la course des législatives en 2007, dans laquelle 422 voix, précisément, s'étaient ralliées à sa bannière dans la 21e, le militant présente ses petits camarades : « Jacky Boucot, dans la 19e, et Bruno Leclercq, dans la 20e. »
« Numéro de duettistes »
Des « vrais travailleurs », pour reprendre la nomenclature en odeur de sainteté électorale. Un ouvrier maçon et deux trimeurs dans l'automobile. « Les seuls à représenter le courant ouvrier communiste », pilonne l'intéressé, qui ne veut pas entendre parler d'autres vecteurs de l'idéologie à la droite de LO. « Mélenchon et Hollande nous ont fait un grand numéro de duettistes pour récupérer les voix à gauche. » Et point barre. Ah non, il accuse dans la foulée : « Hollande dans le rôle de celui qui ne promet rien et Mélenchon dans celui de celui qui en faisait des tonnes. » Pour Éric Pecqueur et ses amis, la vérité doit s'écrire autrement. « Nous, dans cette campagne présidentielle, on a toujours dit qu'il n'existait pas de sauveur suprême. Les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres forces et devront imposer des mesures pour sauver leur peau. »
Le mal est archi connu, il s'appelle « grand patronat, banquiers... » Le remède, telle une bonne vieille ordonnance délivrée par les pères fondateurs des luttes sociales, devra être de cheval : « Interdiction des licenciements, répartition du travail entre tous sans diminution de salaire, augmentation générale des salaires, imposer le contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises... » Et cetera.
Le trio se présente donc comme l'unique « vote utile » de ce scrutin. Bien conscient des écueils devant lui, déjà matérialisés par le faible score de Nathalie Arthaud au premier tour de la présidentielle. « Dans la situation actuelle, on s'y attendait. On défend une politique à contre-courant, avec un vote qui n'est pas celui de la facilité. » L'exemple de la Grèce en tête : « Quand on en arrive à ce niveau de conséquence, c'est grave. » Dans son esprit, on imagine l'ultragauche comme seule alternative.
PAR LAURENT BREYE
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