La Voix du Nord :  Pour Nathalie Hubert et Jean Lorente (Lutte ouvrière), les luttes priment sur les élections

Article de presse
23/05/2012

Nathalie Hubert et Jean Lorentediffusent la parole de Lutte ouvrière sur les marchés comme à la porte des usines.

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES

Conseillère municipale (majoritaire) à Liévin, Nathalie Hubert se présente pour la première fois aux législatives sur la 11e circonscription. La candidate, enseignante de Lettres-Histoire au lycée Robespierre de Lens, sait pertinemment qu'elle ne siégera pas à l'Assemblée nationale en juin mais à vrai dire elle s'en fiche un peu. Car pour Lutte ouvrière, « les élections ne peuvent pas changer la vie ». La clé du changement, ce sont « les luttes : les grèves, les manifestations qui font que les travailleurs se mettent en mouvement contre le capital. Il faut imposer des mesures au grand patronat, c'est la rue qui l'imposera ».

« Cela fait trente ans que je vote, ma vie n'a pas changé pour autant », avance Jean Lorente, son suppléant, Jean Lorente, ouvrier à la Française de mécanique.

Le discours est rôdé, immuable : on croirait entendre celui d'Arlette Laguiller. Mais il est toujours d'actualité, soutient Nathalie Hubert, exemple local à l'appui : « Samsonite a sous-traité les licenciements à Energy Plast, Peugeot fait deux milliards de profit mais dit qu'il n'en a pas assez et va licencier. » « Il n'y a pas d'embauche derrière alors qu'on leur prête de l'argent pour préserver l'emploi », critique Jean Lorente.

Les candidats LO prônent des solutions radicales : interdire les licenciements, contrôler les comptes des entreprises, lever les secrets bancaire et industriel, indexer les salaires sur la hausse des prix. « Le chômage devient un cancer, on répartit le travail entre tous, L'argent, il y en a, il est dans les caisses des capitalistes... » Les petits patrons échappent au pilori : « Les grands groupes créent la ruine, c'est à eux qu'il faut s'en prendre. » Pourquoi confisquer les richesses privées ? Pour investir massivement dans les services publics, « embaucher dans les écoles, les maisons de retraite, les hôpitaux... »

Vrai communisme

Dans cette élection, Nathalie Hubert et Jean Lorente ont de la concurrence sur la gauche avec deux candidats Nouveau Parti anticapitaliste et M'PEP-Pôle de renouveau communiste. « On est les seuls à se réclamer du communisme, objecte la candidate. Voter pour nous, c'est affirmer qu'on n'est pas prêts à payer la crise, c'est affirmer qu'un certain nombre de travailleurs veut défendre des objectifs précis. Même si on est minoritaires, c'est cette minorité qui comptera dans les luttes. »

C. L. C.

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