Le Républicain lorrain : Annelyse Jacquel (LO) : « Ce système est à bout »
Annelyse Jacquel, candidate de Lutte Ouvrière pour les législatives : « Ceux qui fabriquent la richesse de ce pays n'en voient jamais la couleur. » Photo Delphine DE LUCIA.
Dimanche 10 juin, Annelyse Jacquel portera la couleur de Lutte ouvrière aux législatives. En l'occurrence le rouge du communisme. La candidate de 28 ans a peu d'expérience, mais elle souhaite mobiliser les classes défavorisées.
J'ai choisi le communisme car il est profondément humain. L'argent n'y est pas la priorité. Une minorité n'y exploite pas une majorité silencieuse. » Annelyse Jacquel est candidate aux législatives dans la circonscription de Sarrebourg, sous la bannière Lutte ouvrière (LO). Professeur d'art plastique, elle est âgée de 28 ans et travaille dans l'académie de Versailles. Alsacienne d'origine, Annelyse Jacquel a choisi René Camus comme suppléant, un ouvrier dans le bâtiment, « ce secteur dur où les Hommes sont exploités, usés. »
Parachutée par son parti dans la quatrième circonscription mosellane, Annelyse Jacquel défend une vision globale des problèmes de sociétés. « L'exploitation de la classe ouvrière est la même en Moselle qu'ailleurs. » D'où un programme calqué sur celui de la porte-parole de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud, plus que sur des enjeux locaux. « Nous voulons interdire les licenciements. Les dirigeants se servent de la crise pour légitimer une hémorragie sociale sans précédent. » La candidate cite les menaces qui pèsent en permanence sur les salariés « des grands groupes, comme chez Steelcase. L'entreprise de Sarrebourg est épargnée mais en Alsace, à Marlenheim, ils ont licencié 140 personnes en 2009. »
Deuxièmement, Lutte ouvrière veut imposer une indexation des salaires sur l'augmentation réelle du coup de la vie. « Ceux qui fabriquent la richesse de ce pays n'en voient jamais la couleur. Les "coups de pouces" au Smic ne veulent rien dire. Chacun doit vivre dignement de son travail. »
Enfin, la candidate insiste sur l'importance de la transparence dans la gestion des entreprises. « Il faut lever le secret bancaire commercial. Chaque travailleur doit savoir où va l'argent de son entreprise. »
« Faire passer les idées révolutionnaires »
Annelyse Jacquel perçoit sa candidature comme une estrade pour propager des idées révolutionnaires. « Les législatives ne sont pas une fin en soit, prévient-elle. Nous pensons que le vrai changement viendra de la classe ouvrière, de sa capacité à se soulever et à proposer un monde meilleur. » Elle n'hésite pas à dénoncer les « candidats qui se précipitent sur les marchés avant chaque élection. À Lutte ouvrière, nous sommes en campagne toute l'année ! Auprès des exploités, des mal-logés, des oubliés. »
Militante à LO depuis ses 18 ans, Annelyse Jacquel n'a connu qu'une élection avant ces législatives. « En 2009 sur les listes municipales de Strasbourg. » Mais elle compte mettre en avant sa connaissance du terrain pour convaincre un électorat le plus large possible.
« Nous n'avons pas une vision étroite de la classe ouvrière. Un petit patron, boulanger par exemple, subit parfois autant de pressions du monde de la finance qu'un ouvrier. » Et de conclure : « Le capitalisme s'est développé il y a deux siècles, sur l'esclavage et le pillage des richesses par une minorité. Ce système est à bout, il faut en changer. »
Hubert GAMELON.
© Le Républicain Lorrain, Mardi le 05 Juin 2012 / SRB /
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