Le Progrès : Dominique Revoy : "Comment vit-on avec 400 € par mois, ?"
La candidate de Lutte ouvrière est une Doloise de 57ans, enseignante. Elle se présente aux législatives pour porter
un programme de lutte, defendre les interets des travailleurs. » Cela passe par « Iinterdiction des licenciements, la main mise des salariés sur les comptes des entreprises et la levée du secret banquaire".
A57 ans, vous vous présenter aux législatives pour Lutte Ouvrière, pourquoi vouloir vous présenter à ce scrutin ?
Lutte Ouvrière présente des candidats dans toutes les circonscriptions pour défendre un programme de lutte et préserver les intérèts fondamentaux des travailleurs. Autant les milieux populaires qui voulaient chasser Sarkozy peuvent se réjouir, autant Hollande n'est pas le président des pauvres. Au lendemain de son élection, il partait voir les puissants de ce monde, il leur parlait à eux alors qu'Air France annonce 5000 licenciements et on entend parler de 30 000 licenciements dans l'agroalimentaire.
On redoute aussi la fermeture du site Peugeot d'Aulnay, et on entend Montebourgdire"qu'on ne pourra pas tout faire". On voit bien que le vrai pouvoir, c'est ceux qui ont l'argent, ceux qui sont au CAC 40. Et qu'on ait un gouvernement de gauche n'y change rien.
Ne pensez vous pas qu'il faut laisser du temps à François Hollande ?
Le problème c'est que Obama a demandé à le voir et il a eu une réponse tout de suite. La fermeture des boîtes, c'est un couperet contre lequel il faut agir vite aussi. J'ai vu la pauvretégagner des pans entiers de la société. La question est : Comment vit-on avec 400 euros par mois, alors que des usines prospèrent ? Il fau revoir le SMIC, c'est là notre problème et pas les belles déclarations.
"La pauvreté a gagné du terrain"
Votre candidature sert-elle aussi à défendre les dossiers locaux ?
Dans ces élections, il n'y a pas de programme local. Par exemple MBF est le sous traitant de grandes entreprises, qui ont reçu des milliards de l'Etat. Et maintenant, les salariés sont obligés de se battre pour sauver leurs emplois. Ceux qui licencient, ce sont les grandes entrepises. Les responsables sont Peugeot et Renault.
Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour limiter celà ?
Il faut interdire tous les licenciements, et si une petite entreprise est étranglée, ce n'est pas la faute de Lutte Ouvrière, mais celle des banques.
Ensuite, il faut augmenter les salaires et les retraites, et que le niveau soit indexé sur le coût de la vie.
Il faut minimum net à 1700 euros. On dit que le travailleur coûte cher, mais il faudrait mettre le nez dans les comptes, et voir les salaires des patrons. Je pense aussi qu'il faut instaurer la levée du secret bancaire pour permettre de voir si il y a de l'argent ou pas.
Et pour le sevice public ?
Les hôpitaux échappaient à la finance, il y a 50 ans, mais en leur imposant une banque Dexia, combien sont aujourd'hui au bord de la cessation de paiement ? La santé devrait être du ressort de l'état, alors que maintenant elle appartient aux banques. L'Hôpital de Dole est typique de ce problème des hôpitaux : les finances sont fagocytées par les banques, et on dit que les malades coûtent cher. Alors que c'est Dexia qui a fait faillite.
Mais en quoi les malades sont ils responsables d'une banque ?
Que pensez vous de la candidature Marine Le Pen (Front National) qui se dit la représentante des ouvriers ?
Je pense que l'on a pas intérêt à diviser le monde ouvrier. Marine Le Pen fait des catégories : les travailleurs et les chômeurs; les immigrès et les français, etc. Marine Le Pen va surfer sur le déficit de popularité que va inspirer François Hollande, car il y a la dette à payer. On se présente aussipour que, face à ce déficit, Marine Le Pen n'apparaisse pas comme une solution. Notre candidature reprend le drapeau du communisme. On ne peut pas laisser l'opposition à l'extrême droite.
Quel score visez vous ?
Je ne sais pas du tout. Il n'y a pas de solution à la crise dans le système capitaliste. Il faudra que les travailleurs se mettent en avant dans les luttes si la crise s'aggrave, et il ne faudrait pasqu'ils apparaissent divisés.
A travers notre candidature, on veut populariser ces mots d'ordre de lutte.
Propos recuellis par Nathalie Berthieux
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