Le Progrès :  Régionales : Lutte Ouvrière veut pousser un cri de colère

Article de presse
14/01/2013

Elle s'appelle Nathalie Arthaud, elle est tête de liste en Rhône-Alpes pour Lutte Ouvrière (LO) où elle occupe le poste de porte-parole en ayant succédé à Arlette Laguiller. Rien de moins ! A Bourg, elle a lancé mercredi soir la campagne des Régionales qui sera menée dans l'Ain par Vincent Goutagny, ouvrier dans l'industrie plastique à Saint-Maurice de Beynost, avec en seconde position une enseignante de Bourg, Maude Lépagnot.

La campagne de LO ne sera pas comme les autres. Simplement parce que ses militants estiment que nous ne sommes pas en période électorale mais en période de crise, que la solution ne viendra pas seulement avec le bulletin de vote déposé dans l'urne. "Nous et les travailleurs, nous revendiquons le droit de vivre tout simplement, quand la misère s'accroît, avec trois millions de mal-logés, des Restos du cœur débordés. Notre campagne est un cri de colère, on veut dire ça suffit, ça ne peut plus durer" clame Nathalie Arthaud, avec la conviction "qu'on peut changer le cours des choses".

Le programme de Lutte Ouvrière est sensiblement le même qu'à chaque échéance électorale. Avec, par exemple, l'interdiction des licenciements, le contrôle des industriels et des banquiers. Sans faire une grande différence entre la droite et la gauche classique, Lutte Ouvrière met tout le monde dans le même sac. "Ils promettent tous, demain on rase gratis, mais c'est du vent, ils n'ont pas d'argent pour le faire".

Cet argent, LO explique qu'il faudra le prendre aux patrons, à Total, aux banquiers, à ceux qui laissent des sommes colossales aux traders. "La société est riche, les logements on peut les construire, nous sommes convaincus que l'explosion sociale viendra" assure la porte-parole, entendue mercredi soir par une trentaine de personnes.

Mais pour sa campagne, jusqu'au scrutin, Lutte Ouvrière n'attendra pas que les électeurs viennent à elle dans des réunions ou des meetings. Elle fera l'inverse, en allant sensibiliser les gens à la sortie des usines ou dans les quartiers populaires. A une seule grosse exception, avec l'organisation d'un grand meeting le 10 mars au centre culturel de Villeurbanne dans le Rhône.

Olivier Leroy

© Le Progrès - Édition de l'Ain (05-02-2010)