L'Est républicain (ouverture Belfort) :  « Hollande ne vaut pas mieux que Sarkozy »

Article de presse
21/11/2013

Faubourg de France, hier après-midi, avant une réunion à la Maison du peuple en soirée. Photo Ph.P.

INOXYDABLES. Ce n'était pas le mauvais temps et la pluie glacée qui tombait par intermittence qui allaient rebuter les militants de Lutte ouvrière et les empêcher de tracter dans le faubourg de France, hier après-midi. Comme ils le font de manière incessante à la sortie des usines ou sur les marchés, Jean-Marie Pheulpin et Christiane Petitot engageaient la conversation avec les passants.

Sur le tract des trotskystes, une affirmation bien en évidence : « Hollande ne vaut pas mieux que Sarkozy ».

« Lorsqu'ils lisent cela, plus de 80 % des gens nous disent que nous avons raison  » avance Christiane Petitot, pour qui l'actuel président suit la même politique que ses prédécesseurs : « préserver la classe capitaliste et la classe qui en profite, la bourgeoisie ».

« Ils veulent protéger les capitalistes, nous voulons protéger les travailleurs. Notre programme c'est interdiction des licenciements et répartition du travail entre tous avec maintien du salaire  » poursuit-elle.

Depuis le début des années 1970, LO est un élément incontournable du paysage politique belfortain. Le parti a présenté une liste aux municipales à chaque élection, sauf la dernière fois, où il s'était rangé derrière la candidature d'Etienne Butzbach, MRC à l'époque. Jean-Marie Pheulpin est d'ailleurs actuellement conseiller municipal LO.

« En 2008, il fallait être contre Sarkozy mais, à la vue, de la politique de classe antiouvrière que mène l'actuel gouvernement, nous ne pouvons pas nous associer. Les travailleurs doivent lever leur propre drapeau  » précise M. Pheulpin.

Le Front de gauche, avec un Jean-Luc Mélenchon qui se rêve « premier ministre au service de la bourgeoisie » ne trouve pas davantage grâce à ses yeux, pas plus que le PCF - là, c'est historique - ou le MRC, dont les parlementaires, Jean-Pierre Chevènement en tête, votent « toutes les lois antisociales du gouvernement  ».

Bref, Lutte ouvrière ne discute avec aucun autre parti et « travaille  » en vue des municipales, afin de préparer une liste LO pour une élection qui se jouera sur des « questions de politique nationale ». « Cela ne nous change guère : nous sommes des militants, nous allons d'un bout de l'année à l'autre à la rencontre des travailleurs. Nous ne sommes pas comme certains, qu'on ne voie qu'en période électorale  » poursuit Christiane Petitot.

Philippe PIOT

© L'Est Républicain, Jeudi le 21 Novembre 2013 / Ouverture Belfort /

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