Françafrique : des millions pour les serviteurs, des milliards pour les trusts

Communiqué
12/09/2011

Les déclarations de l'avocat Bourgi publiées dans le Journal du dimanche donnent de nouveaux détails sur le financement des grands partis par l'argent des dictateurs africains. Que ces révélations aient été, ou non, dictées par l'Élysée, dans le cadre de la guerre qui oppose le clan Sarkozy au clan Chirac-Villepin, n'a guère d'importance.

Sur le fond, que des valises de billets aient alimenté les caisses du RPR puis de l'UMP (comme celles du Parti Socialiste) ne surprendra personne. Ce n'est qu'un échange de bons procédés : d'un côté, les gouvernements de gauche ou de droite ont soutenu les dictateurs africains ; de l'autre, ceux-ci ont payé ce soutien avec des dizaines de millions volés aux peuples des pays de la « Françafrique ».

Quel que soit le dégoût qu'inspirent ces pratiques, cela ne doit pas faire oublier que les principaux bénéficiaires de ce système, ce sont les firmes capitalistes françaises, les Total, Areva, Bouygues et autres Bolloré, à qui cette collusion permet de piller en toute impunité les richesses de ce continent. Leurs profits, à eux, ne se comptent pas en millions mais en milliards.

Ces pratiques mafieuses, ces petits arrangements entre copains et coquins, provoqueront un jour une explosion de colère qui fera se rejoindre les peuples de France et d'Afrique.

Nathalie ARTHAUD