Titularisation des précaires de la Fonction publique : l’arbre ne cache pas la forêt
Le gouvernement vient d'annoncer son intention de titulariser 40 à 50 000 contractuels de la Fonction publique, et de signer un CDI pour 100 000 autres.
Si cette titularisation sortait du stade des intentions, ce qui n'est pas certain, cela pourrait être une bouffée d'oxygène pour ceux qui en bénéficieraient. Mais cette mesure est parfaitement dérisoire, puisqu'elle ne concernera qu'une petite minorité des quelque 891 000 travailleurs précaires de la Fonction publique. Les gouvernements successifs ont tellement taillé à la hache dans les effectifs de la Fonction publique que celle-ci ne pourrait pas fonctionner sans le travail de ces précaires. En la matière, l'État a la même politique scandaleuse que les patrons du privé qui licencient à tour de bras, puis ajustent leurs effectifs avec des intérimaires et des CDD, payés une misère et toujours incertains du lendemain.
40 000 précaires titularisés, c'est un vingtième des travailleurs concernés ! Quant aux 100 000 CDI, ils n'auront pas le statut de fonctionnaires, et seront donc licenciables à merci.
La mesure annoncée par le gouvernement n'est qu'un cautère sur une jambe de bois. Il faut titulariser immédiatement les presque 900 000 travailleurs précaires de la Fonction publique, en prenant pour cela sur les milliards que l'État déverse, à coups d'exonérations et d'avantages fiscaux, aux riches et aux grandes entreprises.