Bruay-sur-l'Escaut : À Bruay-sur-l’Escaut, D. Mozdzierz veut « faire entendre la voix des travailleurs »
Pas moins de cinq listes sont annoncées à Bruay-sur-l’Escaut, dont celle de Lutte ouvrière qui présente également des candidats à Onnaing, Saint-Saulve et Denain. Mais qui est donc la tête de liste Dimitri Mozdzierz ?
Cécile Thiébaut | 07/02/2020
Dimitri Mozdzierz participe à son troisième scrutin pour Lutte ouvrière. À Bruay, ce sont ses premières municipales.
Installé à Bruay depuis 2009, Dimitri Mozdzierz, 38 ans, père d’un enfant de 10 ans, se présente comme « fils d’immigré polonais ». Son grand-père était mineur à Dutemple, et son père travaillait à Vallourec Anzin. Il militait aussi à la CGT. Son fils a repris le flambeau, agitant la bannière rouge à Transvilles où il est chauffeur de bus, mais aussi et surtout sur les manifestations. Depuis décembre, il est dans l’action contre la réforme des retraites. D’ailleurs, jeudi après-midi, il était en grève et venait de participer au rassemblement place d’Armes [1].
« Communiste révolutionnaire », comme il se décrit, il n’en est pas à sa première bagarre électorale. Il figurait sur la liste de Lutte ouvrière aux régionales de 2015 et était candidat suppléant de Bruno Leclercq lors des législatives de 2017 [2]. Mais que vient faire LO dans une élection locale ? Dans sa profession de foi générique, le parti indique d’ailleurs bien qu’il « n’a pas l’ambition de gérer les affaires de la commune », car à ses yeux, « l’État de la bourgeoisie ligote les municipalités ».
« Les gens sont perdus, observe pour sa part Dimitri Mozdzierz. Les élections ne vont pas changer leur vie. Il n’y a que les luttes de masse comme celle de 1936 » qui pourraient faire bouger les lignes. Et ces municipales alors ? D’y voir « un point d’appui pour les luttes contre les patrons et notables locaux ». Contre le Rassemblement national aussi – représenté à Bruay par Jacques Leclercq [3] –, vu comme « l’ennemi mortel des travailleurs (…) Ces gens divisent, alors qu’on veut rassembler ».
« Ce n’est des fleurs sur les ronds-points que les gens veulent, mais de meilleurs salaires »
Depuis septembre, il fait du porte-à-porte avec ses camarades, et dit avoir entendu la colère des travailleurs pauvres et des chômeurs. De glisser ce tacle à la maire sortante : « Ce n’est des fleurs sur les ronds-points que les gens veulent, mais de meilleurs salaires ! ». Mais que peut un maire ? « Il n’est pas un sauveur, mais doit aussi gérer les misères (…) On pourrait réquisitionner des logements vides, imposer le transport gratuit… » Un début de programme.
La liste, elle, est bouclée – elle sera déposée la semaine prochaine.