Chute mortelle : une politique criminelle

CHU Nancy-Brabois - Un employé de 56 ans est mort d'un accident du travail au CHU de Nancy le 25 février. Il a fait une chute de près de 10 mètres alors qu'il était monté sur une plateforme pour débloquer un sac de linge coincé qui empêchait la bonne marche des installations. Rien ne l'a empêché de s'écraser sur le sol dans cette blanchisserie toute neuve, un "outil moderne" que vante le directeur du CHU dans l'Est républicain. Le journal expliquant pour sa part que la victime serait montée "pendant la pause". Faux, affirme le contremaître dans le journal du lendemain qui précise "on y va 20 à 30 fois par jour pour résoudre des problèmes techniques".

Le directeur de l'hôpital a poussé le cynisme à expliquer que la victime "se trouvait dans un endroit où il ne devrait pas être". Et ce monsieur a osé dire "la blanchisserie fonctionne 'presque' normalement". Un 'presque' qui brise une vie, plonge une famille dans le deuil. Celle-ci a décidé de porter plainte.

La blanchisserie du CHU est à peine mise en service. "Ce qui vient de se passer était malheureusement à prévoir" précise dans l'Est un délégué CGT qui ajoute "avec les départs en retraite et le reclassement de certains, ce sont 22 postes qui ont disparu".

A l'hôpital aussi, c'est la course à travailler vite, à la productivité, aux économies sur le dos du personnel et de ses conditions de travail. On économise sur tout. Les services soignants manquent même... de linge ! Eh oui, dans un des CHU les plus modernes de France ! Ce qui rajoute à la pression sur les employés pour que la production sorte. Cette course folle a fait un mort au CHU de Nancy.


URL: https://ip231.ip-5-135-94.eu/en-regions/alsace/breves/article/chute-mortelle-une-politique