Mercredi 15 avril, la Nouvelle-République rendait compte d'une conférence de presse organisée par les députés " Nouveau Centre " du département sur le thème " Face à la crise, le gouvernement n'a pas seulement aidé l'investissement des entreprises, il a aussi pris des mesures pour le pouvoir d'achat ". Et les députés Leroy et Perruchot d'énumérer tout ce qui a paraît-il été consenti aux catégories populaires défavorisées, des travailleurs précaires aux familles modestes en passant par les adultes handicapés. Ainsi les 1113 anciens qui perçoivent le minimum vieillesse dans le département verront-ils leur pension passer de 633 à 677 €... Au total, en comptant large, l'ensemble de ces mesures devrait représenter quelque 10 millions d'euros qui ne suffiront en aucun cas à sortir les plus pauvres de la misère.
Le même jour, le journal Le Monde publiait une interview du pdg de l'entreprise Daher, dont l'établissement de Montrichard avait reçu voici quelques mois la visite de Sarkozy. Première à bénéficier de l'aide du Fonds stratégique d'investissement (FSI) créé par l'État, Daher a vu ainsi son capital grossi de 68 millions, non pas même parce que cette entreprise connaîtrait des difficultés, mais pour l'aider à acheter des concurrents (et au passage évidemment à grossir la part des actionnaires propriétaires). L'État a-t-il en contrepartie demandé des garanties en ce qui concerne le sort des travailleurs des entreprises rachetées - ceux de la Socata par exemple ? Absolument pas. Va-t-il mettre le nez dans la part que s'octroient les dirigeants de Daher ? Pas davantage, puisque comme le dit le pdg, "ce n'est pas l'État qui entre chez nous, mais un fonds public "...
Allez, les députés auraient pu économiser leur salive. Chacun sait qu'il vaut mieux dans ce pays diriger une entreprise comptant 7000 salariés répartis dans 12 pays - un groupe familial comme ils disent - que d'avoir sa force de travail pour toute richesse.