Filiale du groupe Total qui fabrique dans son usine de Joué-lès-Tours des courroies et des durits pour l'automobile, Hutchinson avait imposé depuis janvier une succession de jours de chômage partiel. Et voilà que la semaine dernière, le chômage a cédé la place aux heures supplémentaires, tandis que des employés des bureaux étaient transférés de force à la production, et que des travailleurs intérimaires faisaient leur retour. Il faut dire qu'il y a un tel déficit de personnel dans les ateliers, en particulier aux Tuyaux, que la direction serait bien incapable de sortir sa production sans l'apport des travailleurs précaires.
Alors tournant à 180° ? Moins qu'il n'y paraît puisque dans tous les cas, les patrons ponctionnent l'argent public : hier par la prise en charge du chômage partiel, aujourd'hui grâce à la loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Et ces patrons ont le culot de s'étonner quand, comme en mars dernier à Joué-lès-Tours, les travailleurs pressés comme des citrons se mettent en grève pour demander leur dû !