A Bléré, les quelque cent travailleurs de la fonderie Autocast - ceux qui restent après une cascade de « plans sociaux » - viennent d'apprendre qu'ils recevraient leur lettre de licenciement dans les prochaines semaines. Le bricolage mis en place par les cadres de l'entreprise pour reprendre les activités de celle-ci ne « sauvera » en effet paraît-il que le site mayennais d'Autocast. Quand on sait ce qu'il reste d'entreprises à Bléré, et ce qu'est la situation de l'emploi dans toute la région proche, que vont devenir ces travailleurs ?
Il n'y avait paraît-il pas d'alternative : ainsi en a décidé le tribunal de commerce de Nanterre. Mais les richesses accumulées par les propriétaires successifs de cette fonderie - du temps de Waeles, du temps de Valfond, que sont-elles devenues ? Et les financiers de l'Union des Banques Suisses qui contrôlèrent un temps l'entreprise, sont-ils sur la paille ?
Pour garantir l'emploi et les salaires, quel tribunal demandera à tous ceux-là de restituer ne serait-ce qu'une part de ce que le pénible travail des fondeurs leur a permis de gagner ? Quand le monde du travail trouvera la force d'engager la lutte collective pour défendre son droit à l'existence, ce contrôle sur les richesses créées par le travail et leur utilisation sera bien un des premiers objectifs qu'il faudra mettre en avant.